Manuel Valls au Tchad et au Niger pour peaufiner son image de chef

Manuels Valls se rend en Afrique avec les habits de chef de guerre.
© REUTERS/Charles Platiau

Manuel Valls effectue sa première visite en Afrique subsaharienne depuis son entrée en fonction à Matignon. À Ndjamena ce samedi et à Niamey dimanche, il rendra visite aux troupes françaises de l'opération Barkhane, qui luttent contre le terrorisme au Sahel.

En se déplaçant à Ndjamena et Niamey, Manuel Valls veut se rendre compte par lui-même de ce que représente le dispositif de l'opération Barkhane. Il souhaite être au contact des troupes françaises – plus de 3 000 hommes au Tchad et près de 500 au Niger – en discutant avec eux et en partageant même l'un de leur repas. À Matignon, on insiste sur la volonté manifestée par le Premier ministre de découvrir « visuellement » les bases militaires françaises dans cette zone particulièrement sensible.

Manuel Valls se rend donc en Afrique avec les habits de chefs de guerre. Un costume généralement réservé au président de la République. Très peu de Premiers ministres ont en effet effectué des déplacements sur les bases d'opérations extérieures. Le dernier, c'était François Fillon en Afghanistan. Le Premier ministre a la responsabilité d'assurer la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme en fait partie, explique-t-on à Matignon. Il n'y aurait donc pas concurrence, mais complémentarité avec François Hollande qui est le chef des armées. Une complémentarité que Manuel Valls tire tout de même à son avantage.

Un intérêt pour l’Afrique

L'Afrique, c'est un passage obligé pour tout responsable politique français qui veut compter. Manuel Valls le sait. Sa visite au Tchad et au Niger ne doit donc rien au hasard. Mais l'intérêt de Manuel Valls pour l'Afrique ne date pas de sa nomination à Matignon. Déjà, il y a un an, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, il avait profité du passage à Paris du dirigeant tchadien Idriss Déby pour le rencontrer en marge du sommet sur la sécurité en Afrique. Il avait aussi effectué, juste avant, une tournée dans quatre pays du continent : Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie. Avec au menu, bien sûr, les questions de terrorisme et de sécurité. Et des prises de contact avec les dirigeants.

Car Manuel Valls entretient ses réseaux africains. Pour l'y aider, Le Premier ministre peut compter sur un ami d'origine mauritanienne, Ibrahim Diawadoh N'Jim, déjà proche de lui lorsqu'il n'était que maire d'Evry. Une ville où vivent de nombreux Africains, aime rappeler Manuel Valls. Comme il raconte aussi que son grand-père a vécu longtemps en Sierra Leone, un pays où il s'est lui-même rendu lorsqu'il était jeune. Une manière d'expliquer qu'il s'intéresse à l'Afrique.