Kenya: 28 voyageurs exécutés à la frontière somalienne

Les combattants shebabs ont revendiqué l'attaque en fin de matinée ce samedi 22 novembre.
© REUTERS / Feisal Omar

L'attaque meurtrière a eu lieu tôt ce samedi matin au Kenya, près de la frontière somalienne. Au total, 28 passagers d'un bus ont été assassinés par les shebabs somaliens, qui ont revendiqué l'attaque en fin de matinée. Les assaillants ont exécuté les passagers qui n'étaient pas « musulmans ».

L'attaque a eu lieu aux environs de 5h45 du matin, à la sortie de Mandera, une ville qui se situe entre le Kenya, la Somalie et l’Ethiopie, dans la zone d’Arabia.

Selon des témoignages recueillis par RFI par téléphone, le bus a été contraint de s’arrêter car il a été la cible de tirs faisant plusieurs blessés à bord. Les assaillants ont ensuite séparé les passagers entre musulmans et non musulmans, puis ont abattu à bout portant ces derniers qui étaient pour la plupart des professeurs rentrant pour leurs congés de Noël, des personnels de santé, des fonctionnaires.  Au total, 28 passagers dont 9 femmes, selon l'inspecteur général de la police du Kenya, David Kimaiyo, ont été tués.

La Croix-Rouge kényane confirme ce bilan. Des équipes de secours ont été envoyées sur place pour récupérer les corps. Les autorités, de leur côté, assurent que l’armée a été déployée pour poursuivre les assaillants.

Revendication des shebabs

Le mode opératoire ressemble à celui utilisé à Mpeketoni dans le comté de Lamu en juin et juillet derniers où les assaillants avaient aussi demandé aux gens de réciter la « shahada », la profession de foi musulmane pour prouver leur appartenance confessionnelle. Mais à cette époque-là, ils avaient principalement visé les hommes et non les femmes.

Le mouvement shebab a revendiqué l’attaque. Les shebabs affirment qu’il s’agit d’une opération de vengeance contre les opérations de police effectuées dans la ville portuaire de Mombasa cette semaine et qui ont visé quatre mosquées considérées comme radicales, soupçonnées de lien avec le mouvement jihadiste. Des dizaines de personnes ont été arrêtées à l’issue de ces raids policiers. Des grenades et du matériel de propagande jihadiste ont été saisis.

Une région habituée aux attaques

Ce n’est pas la première fois que l’insécurité frappe Mandera. Cette ville est devenue un véritable carrefour pour les militants shebabs qui fuient notamment la pression militaire en Somalie. Mais Mandera est également le théâtre régulier d’affrontements intercommunautaires entre les Garé et les Degodia. Donc les armes circulent en abondance et les autorités locales se plaignent souvent de l’absence de réaction de la part du gouvernement central.

A la mi-octobre, le gouverneur de Mandera a été la cible d’un attentat auquel il a survécu. Il s'agissait d'un engin explosif improvisé qui avait été déclenché au passage de son convoi. 

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