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Ouganda Justice

Ouganda: cinq personnes condamnées pour excision

Une femme de l'ethnie Pokot au Kenya lors d'une cérémonie d'excision, le 16 octobre.
© REUTERS/Siegfried Modola

Cinq hommes et femmes ont été condamnés à quatre ans de prison en Ouganda cette semaine pour avoir excisé ou aidé à exciser des filles dans l'Est du pays. Une décision de justice rare dans ce pays d’Afrique de l’Est qui a interdit en 2010 la pratique, mais où peu d’exciseurs sont derrière les barreaux.

La loi ougandaise prévoit jusqu’à dix ans de prison pour les coupables de mutilation génitale féminine et pénalise la discrimination de femme non excisée. Si ce texte voté en 2010 a été salué par les militants du droit des femmes, ceux-ci déplorent en revanche le peu d’arrestations. Jointe par RFI, Béatrice Chelangat qui dirige Reach, une ONG active dans le domaine, explique la difficulté à trouver des villageois prêts à témoigner contre un suspect devant la justice. « Ces gens ont peur des représailles, sans compter qu’ils appartiennent à des communautés qui tiennent à perpétuer cette pratique », précise l’activiste.

« Nous préférons toujours le recours à la prévention plutôt qu'aux poursuites en justice, mais la loi ougandaise existe depuis longtemps, seulement il est très rare de la voir appliquée par la justice, explique Ann-Marie Wilson, fondatrice et directrice de l'organisation 28 Too Many qui lutte contre l'excision. Et c'est seulement une fois qu'elle sera vraiment appliquée qu'elle sera prise au sérieux, surtout que de nombreux cas ont montré que les Ougandais et les Kenyans passaient la frontière de l'autre pays pour échapper aux poursuites. Et depuis qu'une loi similaire a été votée au Kenya en 2011, les poursuites ont également augmenté là-bas, donc c'est la bonne solution. »

Un autre obstacle majeur est le manque de magistrats voire de tribunaux, dans les régions montagneuses de l’est de l’Ouganda où se pratiquent ces mutilations. De son côté, le porte-parole de la police insiste sur le fait que les excisions ont désormais lieu en secret par souci de discrétion. La récente condamnation de cinq personnes à quatre ans de prison est donc un succès notable en Ouganda. S’il n’existe pas de chiffres exacts, les ONG estiment le taux de prévalence de l’excision à 50 % chez les Sabiny et 90 % chez les Pokot, les deux ethnies les plus concernées par le phénomène.

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