Francophonie: neuf projets de résolutions adoptés par les ministres

Le XVe Sommet de l'Organisation de la Francophonie (OIF) se tient à Dakar.
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Au Sénégal, une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus à partir de vendredi 28 novembre, à Dakar, où ils vont prendre part samedi et dimanche au sommet de la Francophonie. Pour préparer le rendez-vous, les ministres des Affaires étrangères de l'Organisation internationale de la Francophonie étaient réunis depuis mercredi à huis clos. Une série de documents ont été adoptés et seront présentés aux chefs d'Etat pour leur adoption définitive.

« La conférence s’est déroulée dans d’excellentes conditions. Nous avons un projet de déclaration de Dakar, adopté à l’unanimité. Nous avons neuf projets de résolution », s'est félicité Mankeur Ndiaye, ministre sénégalais des Affaires étrangères. Ces neuf projets de résolutions, rapporte avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenck, seront soumis aux chefs d’Etat de la Francophonie et le plus important, sans doute, concerne la nécessaire solidarité dans la lutte contre le virus Ebola.

Ebola, une priorité

Ainsi que l’avait fait dernièrement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), il est demandé aux Etats francophones de lever les restrictions de voyage et d’ouvrir les frontières, tout en prenant des mesures de surveillance et de sensibilisation. « Il faut que toutes les liaisons aériennes soient réouvertes et nous nous prononçons contre la fermeture des frontières terrestres ; nous demandons plutôt le renforcement des mesures sanitaires aux frontières, afin de laisser les populations circuler librement dans l’espace francophone » explique Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo.

D’autres projets de résolutions concernent la diversité culturelle et l’éducation, via l’outil numérique. Au chapitre politique, le principe du refus du terrorisme sous toutes ses formes est réaffirmé. C’est aussi un appel au dialogue, au Mali et à la réconciliation, en Centrafrique. Le document salue l’évolution positive au Burkina Faso.

« La déclaration de Dakar »

Les ministres ont également adopté le nouveau cadre stratégique qui fixe les grandes orientations de l’Organisation pour les dix prochaines années. Ils ont par ailleurs validé « La déclaration de Dakar », qui sera la déclaration finale et qui comporte une série de recommandations et de grands principes sur le thème officiel du sommet, à savoir, les femmes et les jeunes.

Selon plusieurs participants, les ministres n’ont pas évoqué, durant les débats, la question de la réforme des Constitutions ni celle des mandats présidentiels, pourtant au cœur de l’actualité. « On n’a pas abordé ces questions qui sont des questions spécifiques, explique Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo. Et je pense que chaque Etat, chaque pays, à la lumière de ce cadre global, sait ce qu’il doit faire et ce qu’il va faire ».

Quant à la succession d’Abdou Diouf, si ce n’est quelques plaisanteries dans les couloirs, le débat est réservé au huis clos de dimanche matin entre les chefs d’Etat.

Le suspens de la succession

Le suspens est toujours entier, rapporte notre envoyé spécial à Dakar Pierre Pinto. Cinq candidats sont en lice : la Canadienne Michaëlle Jean, le Mauricien Jean-Claude de Lestrac, le Burundais Pierre Buyoya, le Congolais Henri Lopes et l’Equato-Guinéen Augustin Nze Nfumu. Mais aucun ne fait consensus jusqu’à présent.

Le président sénégalais Macky Sall le reconnaissait il y a quelques jours lors de sa visite à Paris. Mais à écouter le président français François Hollande ce 27 novembre sur RFI, on a l’impression que la Canadienne a la préférence de la France, même si elle n’est pas africaine et que sa candidature a du mal à séduire les chefs d’Etat africains, ce que semblait d’ailleurs déplorer le président français hier.

Mais il se peut aussi qu’un autre nom, sixième nom, sorte du chapeau au dernier moment, pour permettre un consensus à minima, une sorte de secrétaire général de Transition, le temps de remettre le poste en jeu d’ici quelques années. Le nom de l'élu sera connu de toutes façons, d’ici dimanche à la mi-journée.