Togo: Gnassingbé, garant d'une Constitution taillée sur mesure

Le président togolais Faure Gnassingbe, lors du sommet Paix et la sécurité de Paris, le 6 décembre 2013.
© © Mustafa Yalcin / Anadolu Agency

Après une semaine de manifestations de l’opposition, une simple phrase de Faure Gnassingbé aura suffi pour relancer la polémique. En visite au Ghana, le président a affirmé mardi 25 novembre que la Constitution en vigueur au Togo, qui prévoit un nombre illimité de mandats présidentiels, serait « rigoureusement respectée ». Le lendemain, mercredi, l'opposition a dit engager « un bras de fer » pour éviter que le chef de l'Etat ne se présente une troisième fois devant les électeurs l'an prochain.

La Constitution en vigueur sera « rigoureusement respectée ». Ce bout de phrase lâchée par Faure Gnassingbé au cours d’une visite d’Etat à Accra suscite beaucoup d’interprétations. Pour ses opposants, le président togolais ne veut pas faire les réformes. Eric Dupuy, secrétaire à la communication de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) va plus loin ; pour lui, c’est une manœuvre visant à s’éterniser au pouvoir.

La Constitution togolaise, modifiée en 2002, ne limite pas le mandat présidentiel. Et cela, l’opposition togolaise n’en veut plus. Combat pour l'alternance politique en 2015 (CAP 2015), le nouveau regroupement de partis politiques qui soutient la candidature de Jean-Pierre Fabre, exige les réformes quoi qu’il advienne avant la prochaine élection l'an prochain. D’autres partis de l’opposition à l’Assemblée insistent et font une proposition de loi, soutenue par CAP 2015.

Seulement, l’Union pour la République (Unir), parti au pouvoir majoritaire à l’Assemblée, s'interroge sur la nécessité de voter cette loi si les modifications comportent toujours la rétroactivité. Les modifications actuelles ne doivent pas être rétroactives et surtout viser Faure Gnassingbé, s’exclame en substance Christophe Tchao, président du groupe parlementaire Unir à l’Assemblée nationale.

Sur ce point, le consensus est loin d’être trouvé, et après l’opposition la semaine dernière, ce vendredi, ce sont les organisations de défense des droits de l’homme qui seront dans la rue pour réclamer les mêmes réformes.


■ RÉACTION

Les propos de Faure Gnassingbé ont-ils été travestis ou mal compris ? La présidence togolaise a tenu à « clarifier les choses » par la voix de son secrétaire général adjoint Cléo Pétchézi au micro de RFI. « Le fait d'appeler au respect de la Constitution en vigueur ne signifie pas du tout que le président de la République est hostile aux réformes », rassure-t-il.

Le chef de l'Etat est simplement légaliste, il n'a fait que rappeler un principe constant, à savoir qu'on peut ne pas aimer la loi telle qu'elle est, mais tant que celle-ci est en vigueur, il faut bien la respecter
Cléo Pétchézi, secrétaire général adjoint de la présidence du Togo
27-11-2014 - Par Peter Dogbe

→ À (RE)LIRE : La revue de presse Afrique du jeudi 27 novembre 2014

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