Purge au sommet de l'Etat au Burundi

Pierre Nkurunziza, élu nouveau président du Burundi le 19 août 2005.
© Reuters / Alessandro Di Meo

Le président Pierre Nkurunziza fait le vide autour de lui. Il vient de remplacer son « chef de cabinet », véritable numéro 2 du régime. Et il n'est pas le seul à avoir été écarté. Le général Adolphe Nshimirimana, numéro 3 du pouvoir, est également remplacé à la tête des services secrets burundais par un général plutôt modéré. D'autres hauts responsables sont écartés, dont deux chefs de cabinet du président. Deux hommes réputés appartenir au premier cercle du pouvoir.

Il s'agit d'un véritable coup de tonnerre préparé dans le plus grand secret. Personne n'aurait parié un sou sur ce qu'il vient de se passer au Burundi. Mais le général Alain Guillaume Bunyoni, considéré jusqu'ici comme le véritable numéro 2 du pouvoir burundais, a été remplacé vendredi matin par un civil au poste de chef de cabinet civil du président. Il devient désormais le secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, une sorte de voie de garage.

Le tout puissant patron des services secrets burundais, le général Adolphe Nshimirimana, qui faisait la pluie et le beau temps au Burundi, a également été remplacé. Ancien chef d'état-major du CNDD-FDD du temps de la rébellion, celui-ci contrôlait en fait tout l'appareil sécuritaire burundais. Il est nommé chargé de mission à la présidence burundaise.

D'autres généraux qui appartiennent au premier cercle du pouvoir sont aussi démis de leur fonction. Il s'agit notamment du chef de cabinet de police et du chef cabinet militaire du président. Des bouleversements qui surviennent après des longs mois de malaise au sein de la hiérarchie militaire issue de l'ex-rébellion du CNDD-FDD qui contrôle véritablement le pouvoir dans le pays. La purge ne serait pas terminée, selon des sources concordantes qui assurent que cela aura permis de clarifier à ce stade qui est le véritable patron, Pierre Nkurunziza.