Sommet de la Francophonie à Dakar: un programme chargé

La lutte contre Ebola s’invite au sommet de la Francophonie. C’est un thème sur lequel portera une discussion entre les officiels et les autorités sénégalaises organisent des campagnes de sensibilisation sur les lieux du sommet.
© RFI/Paulina Zidi

Qui pour succéder à Abdou Diouf ? Le XVe sommet de la Francophonie débute ce samedi au Sénégal. Une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus dans la capitale sénégalaise pour deux jours de réunion, avec comme objectif, notamment, la désignation du nouveau président de l'OIF, l'Organisation internationale de la Francophonie. Mais ce sommet, qui se tient au centre de conférence de Diamniadio, va aborder de nombreuses autres questions.

Avec notre envoyé spécial à Dakar, Pierre Pinto

Pas moins de 16 orateurs vont se succéder à la tribune ce samedi. D’abord l’hôte du sommet Macky Sall. François Hollande s’exprimera le troisième et il devrait revenir sur les évènements récents au Burkina Faso. « Cela peut servir de leçon à certains chefs d’Etat », avait expliqué le président français sur RFI jeudi, ajoutant qu’ « on ne pouvait modifier impunément la Constitution pour convenance personnelle ». Ce discours interviendra d’ailleurs après celui de Joseph Kabila, à qui l’on prête de telles intentions en République démocratique du Congo.

François Hollande évoquera aussi Ebola alors qu’il arrive de Guinée. Le dernier orateur sera Abdou Diouf, le secrétaire général sortant, pour un discours d’adieu.

Ensuite, après le déjeuner, sont prévus certains entretiens bilatéraux. On sait notamment que François Hollande doit rencontrer le Burkinabè Michel Kafando ou le Togolais Faure Gnassingbé.

Les chefs d’Etat se pencheront ensuite sur le cadre stratégique, c'est-à-dire les grandes orientations de l’Organisation internationale de la Francophonie pour les huit années à venir. Ils travailleront aussi à l’adoption des neuf résolutions concernant les crises au Mali, en Centrafrique et au Burkina Faso. L'épidémie d'Ebola fera également partie des discussions ainsi que des sujets aussi divers que le numérique ou la santé mère-enfant.

A quoi sert la francophonie?
29-11-2014 - Par Carine Frenk

Dimanche matin, ils se retrouveront pour les huis clos consacrés au choix du lieu du prochain sommet en 2016. Il n’y a qu’un seul candidat : Madagascar. Ils discuteront de l’éventuelle adhésion de trois membres observateurs : le Mexique, le Costa Rica et le Kosovo.

Le huis clos sur le choix du successeur d’Abdou Diouf est le plus attendu. Pour l'instant, il n’y a toujours pas de consensus sur un nom. Pour la première fois d’ailleurs, les chefs d’Etat pourraient procéder à un vote.


 ■ Les femmes et jeunes au coeur du sommet

Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

Le thème du sommet, « Femmes et jeunes dans la francophonie », souligne plusieurs faits. Les femmes sont en première ligne. Ce sont elles les victimes de violences. Ce sont elles que l’on retire de l’école trop tôt, que l’on marie trop vite. Quant aux jeunes, véritable bombe à retardement, ce sont eux qui sont condamnés au chômage même quand ils sont diplômés, eux qui n’entrevoient parfois plus d’espoir. « Vous savez ce qui se passe au Sahel, c’est par les femmes et les jeunes que les jihadistes sont en train de transformer les consciences », explique ainsi l’universitaire Fatou Sow Sarr.

« On ne va tout de même pas rester les bras croisés. Les femmes et les jeunes sont les acteurs incontournables des grands changements dans l’espace francophone, affirme-t-on à l’OIF. Il était temps de leur consacrer un sommet. »

Une déclaration de Dakar doit être adoptée par les chefs d’Etat en ce sens. « Mais est-ce que ces nouvelles recommandations seront suivies des faits ? » s’interroge Fatou Sow Sarr.

« Dès que l’on parle des femmes et des jeunes, on a envie de hausser les épaules. Depuis combien d’années on nous parle de ça ? C’est fatigant ! » s’exclame pour sa part Amadou Kanouté du Cicodev, une organisation de la société civile sénégalaise. « N’est-ce pas là le moyen de rappeler aux chefs d’Etat la responsabilité réelle face à leur population. On a assez parlé, place à l’action. »

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