Nigeria: le difficile travail des secours après les attaques de Kano

Le site des attaques à la bombe contre la Grande Mosquée de Kano, dans le nord du Nigeria, le 28 novembre 2014.
© REUTERS/Stringe

Dans le nord du Nigeria, la ville de Kano a été le théâtre d'attaques meurtrières, un véritable bain de sang. Au moins 120 personnes ont été tuées et 270 autres blessées lors d'un double attentat-suicide suivi d'une fusillade à la grande mosquée de Kano le jour de la grande prière hebdomadaire. L'édifice religieux connaît une très forte affluence le vendredi. Il s'agit aussi d'un lieu hautement symbolique car c'est dans cette mosquée que l'émir de Kano, une importante figure de l'islam au Nigeria, conduit habituellement la grande prière.

Les équipes de secours sont toujours à pied d'œuvre. Le responsable médical de l'hôpital Murtala Mohammed a lancé un appel aux dons de sang car les réserves étaient insuffisantes pour soigner les blessés qui ont survécu à l'attentat. Le responsable des équipes d'urgence indique que la population a largement répondu à l'appel et près de 300 blessés ont été répartis dans plusieurs hôpitaux de la ville.

L'attaque de vendredi a été particulièrement sanglante car les trois bombes ont détonné au début des prières, donc à une heure de forte affluence dans la mosquée centrale de la deuxième ville la plus peuplée du pays. Au-delà des détonations d'explosifs, les assaillants ont aussi tiré à l'arme automatique de façon indiscriminée sur les fidèles.

L'émir de Kano, Mohammed Sanusi II, était à l'étranger au moment de l’attentat. Il avait appelé ses fidèles la semaine dernière à prendre les armes contre Boko Haram, et avait mis en doute les capacités et la volonté de l’armée à mettre hors de nuire le mouvement terroriste. Le président Goodluck Jonathan a, de son côté, demandé « aux forces de sécurité de remuer ciel et terre jusqu'à ce que les auteurs d'actes de terrorisme soient retrouvés et traduits en justice ».

Les victimes de l'attentat sont transportées vers l'hôpital Murtala Mohammed de Kano, au Nigeria le 28 novembre 2014. © REUTERS/Stringer