Boko Haram: le Niger face à l'afflux de réfugiés venus du Nigeria

Des réfugiés fuyant les attaques de Boko Haram au Nigeria en septembre 2014.
© REUTERS/Samuel Ini

Boko Haram poursuit ses attaques dans l'Etat de Borno, frontalier avec le Niger qui peine de plus en plus à absorber l'afflux de Nigérians. Les autorités de la région de Diffa se sont résignées à étudier la possibilité d'établir des camps en coopération avec le HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés). Les attaques contre la ville frontalière de Damasak en début de semaine ont provoqué un nouvel afflux de plusieurs milliers de réfugiés.

L'afflux massif de popuplations en provenance du Nigeria constitue une « charge très lourde » pour le Nigeria, souligne Hassan Ardo Ido, le secrétaire général du gouvernorat. « On estime à 100 000 le nombre de réfugiés dans la région alors qu’elle ne compte que 600 000 habitants, indique-t-il. La capacité d’absorption des populations est nettement dépassée. Nous avions laissé les populations venir au début pour qu’elles soient hébergées par leurs parents. Entre le nord du Nigeria et chez nous ce sont pratiquement les mêmes personnes. Mais finalement le mouvement se poursuit dans la durée, les populations continuent d’arriver. Donc on a convenu avec le HCR d’ouvrir des camps. Un certain nombre de sites ont été identifiés à l’intérieur, notamment à plus de 50 kilomètres de la frontière et nous avons transmis les documents au HCR pour que ces sites soient viabilisés. »

Mesures de sécurité supplémentaires

Le gouvernorat de Diffa a par ailleurs pris des mesures de sécurité pour contrer d'éventuelles incursions des jihadistes de l'insurrection islamiste. Le Niger affirme avoir déployé depuis le mois de juin des renforts militaires chargés de patrouiller le long de la frontière et dans les communes de la région de Diffa. Suite à la prise par Boko Haram de la ville frontalière de Damasak lundi dernier, le gouvernorat a décidé de mesures sécuritaires additionnelles. Elles sont en vigueur depuis vendredi soir.

« Nous craignons des infiltrations parce que la frontière nigéro-nigériane est poreuse, explique Hassan Ardo Ido, secrétaire général du gouvernorat. Nous avons suivi le mode opératoire des terroristes, donc nous avons pris un arrêté pour règlementer la circulation des véhicules à moteur. Il s’agit en particulier de l’interdiction de la circulation de ces véhicules de 20h à 6h du matin sur tout le territoire de la région. Un individu qui serait aperçu en train de rouler la nuit serait du coup plus facilement identifié comme suspect ».

Les autorités redoublent aussi de vigilance à l'approche de la saison sèche qui, dans quelques semaines, facilitera les points de passage et le franchissement de la rivière Komadougou Yobe. Elle sépare le Niger du Nigeria sur une portion de 100 kilomètres à l'ouest du lac Tchad.