Avortement: le Sénégal viole les droits des femmes selon un rapport

Au Sénégal, l'IVG est interdit même en cas de viol ou d'inceste.
© Lisa Gray/CC/Wikimedia Commons

« La prohibition de l’avortement au Sénégal entraîne de graves violations des droits des femmes », selon un rapport que viennent de publier la Fédération internationale des droits de l’homme, la ligue sénégalaise des droits de l’homme et la Raddho. Ce rapport s’appuie sur mission d’enquête menée début novembre dans les villes de Dakar, de Thiès et de Ziguinchor.

Avec notre correspondante à Dakar, Carine Frenk

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est autorisée au Sénégal que si la vie de la mère est en danger. Mais l’avortement reste interdit même en cas de viol ou d’inceste, et les femmes qui y ont recours risquent jusqu’à deux ans de prison. « La législation sénégalaise est l’une des plus répressives au monde », rappelle Aboubacry Mbodji, secrétaire général de la Rencontre africaine de défense des droits de l'homme (Raddho) qui insiste sur le fait que l’avortement clandestin se pratique dans les pires conditions. 8 à 13 % des décès maternels sont causés par ces interventions à risque.

La FIDH rappelle que Dakar a pourtant ratifié en 2005 le Protocole de Maputo qui impose aux États de garantir le droit à l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la santé de la mère. Une obligation que le Sénégal ne respecte donc pas.

Les défenseurs des droits de l’homme exhortent le gouvernement sénégalais à présenter dans les plus brefs délais un projet de loi à l’Assemblée nationale. « Nous ne parlons même pas de légaliser l’avortement au Sénégal, mais seulement d’autoriser l’avortement médicalisé pour ces cas de viol et d’inceste, souligne Aboubacry Mbodji. C’est bien le minimum. »

Lire le rapport dans son intégralité