Bujumbura: grand raout pour sauver l’éducation au Burundi

L'école Carolus-Magnus-Schule (Charlemagne) au Burundi.
© Bernd Weisbrod/wikimedia.org

Un seul chiffre peut faire comprendre l’ampleur de la crise qui frappe le système éducatif au Burundi : le taux de redoublement est de 30%, c’est l’un des plus élevés au monde. Le gouvernement a donc décidé de prendre le taureau par les cornes en organisant des états généraux de l’Education depuis mardi, à Bujumbura, où plus de 200 personnes vont se réunir pendant quatre jours pour essayer de faire le diagnostic et de trouver des solutions à cette crise.

Le gouvernement a initié une réforme en 2013 - l’école fondamentale au Burundi - qui doit faire passer l’école primaire de 6 ans à 9 ans d’études, avec pour objectif de former de jeunes gens pour entrer directement dans la vie active. Mais cette initiative a été lancée sans aucune préparation et les problèmes se sont accumulés : programmes mal conçus, pas d’enseignants qualifiés, manque de locaux, manque d’outils pédagogiques, tout ça dans des salles de classe archi bondées.

Ces problèmes se retrouvent également à l’école secondaire, où moins de 40% d’enseignants sont qualifiés dans ce pays. Dans l’enseignement supérieur, c’est une réforme introduite à la va-vite, il y a quatre ans, qui pose problème.

Manque cruel d'enseignants qualifiés

Les étudiants des universités publiques au Burundi sont en grève depuis deux mois. Ils réclament des autorités burundaises qu’elles précisent l’équivalence qu’il y aura entre le diplôme de licence, qu’ils vont avoir après trois ans d’études, alors qu’il en fallait quatre dans l’ancien système. Il faut dire que le gouvernement burundais n’a pas réglé cette question alors qu’il a introduit le système « licence - master - doctorat » depuis quatre ans.

On manque aussi cruellement d’enseignants qualifiés et de locaux dans le supérieur. Et il y a surtout la question qui fâche : le gouvernement burundais veut supprimer la bourse d’étude.