Sénégal: les langues nationales font leur entrée au Parlement

Cérémonie d’inauguration du système de traduction simultanée à l’Assemblée nationale du Sénégal, le 2 décembre 2014.
© RFI/Carine Frenk

Deux jours après le sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie à Dakar (OIF), les langues locales font leur entrée à l’Assemblée nationale sénégalaise. Un système de traduction simultanée a été inauguré le mardi 2 décembre 2014.

Au Sénégal, un député sur trois, pour ne pas dire un sur deux, ne parle pas du tout le français ou ne le maîtrise pas suffisamment, or le français reste la langue de travail. Dans l’hémicycle, les députés pourront désormais s’exprimer en wolof, en diola, en malinké, en pular, en sérère, en soninké ou en français.

Pour Moustapha Niasse le président de l’Assemblée nationale, cela ne veut pas dire que les députés ne parleront plus en français : « Vous avez vu que j’ai fait mon discours en français. Tous les documents écrits continueront d’être en français. Le français n’est pas une langue exclusive des autres. C’est l’osmose entre les sept langues qui constitue l’innovation ».

Boîte de Pandore ?

Et à la question de savoir si ce n’est pas ouvrir la boîte de Pandore ou faire entrer le loup dans la bergerie, Moustapha Niasse est catégorique : « Les langues nationales ne sont pas des loups ! Les langues nationales sont d’abord la base de notre patrimoine culturel avant même la langue française ! Mais la langue française ne peut pas être gênée par nos langues nationales, mais ne doit pas non plus gêner nos langues nationales ».

Une fois n’est pas coutume, même l’opposition est d’accord. Modou Diagne Fada président du groupe libéral : « Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas le français qu’on ne doit pas être élu député. La Francophonie vient de se passer dans notre pays. C’est important, le français constitue la langue internationale de référence au Sénégal ».

Ce système d’interprétation a coûté 450 000 euros, 300 millions de francs CFA, et il a été financé non point par la France mais par l’Union européenne (UE).