Elections en RDC: l'Union européenne veut des garanties

Bruxelles n'ira pas plus loin dans le financement sans calendrier ni budget détaillés.
© REUTERS/Francois Lenoir

En République Démocratique du Congo, l'Union Européenne prévient : elle ne financera pas les élections si le gouvernement et la commission électorale ne présentent pas un calendrier et un budget global, alors que de plus en plus, on évoque un report des élections locales prévues officiellement dans 6 mois. Les Etats-Unis sont allés plus loin en se prononçant contre une modification de la Constitution qui pourrait permettre au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait déjà prévenu il y a tout juste un mois : « Pas de soutien logistique de la Monusco sans feuille de route et budget pour les élections. » L'Union européenne fait la même chose à son tour. Pas encore de ligne rouge du côté de l'Europe mais une simple mise en garde.

En 2011, l'Europe avait prévu de financer les élections à hauteur de 47 millions d'euros, suspendant, au vu des dérives observées, le dernier décaissement de 12 millions. Une partie de cet argent sert aujourd'hui à financer trois experts techniques auprès de la Céni mais surtout un programme de soutien à l'observation électorale par la société civile.

Il s'agit « d'un signal clair et délibéré », dit-on côté européen de la volonté de voir un scrutin libre et transparent. Mais Bruxelles n'ira pas plus loin dans le financement sans calendrier ni budget détaillés. Cette position était officieusement affichée depuis près de deux ans, assure-t-on. Mais dans un rapport publié l'an dernier, la Cour des comptes européenne a enfoncé le clou en appelant l'Union à se montrer plus exigeante.

Cette mise en garde comme celle du Conseil de sécurité de l'ONU fera-t-elle bouger les lignes ? Difficile à dire. Si certains membres de la communauté internationale estiment que le glissement du calendrier électoral peut aussi être un moyen pour le président Joseph Kabila de rester au pouvoir, au-delà de 2016 et de la fin de ses deux mandats constitutionnels, d'autres soulignent que la révolution au Burkina Faso fait sans doute réfléchir à Kinshasa.

Personne au sein de la communauté internationale ne sait vraiment comment les choses vont tourner, résume un diplomate, car les protagonistes eux-mêmes ne semblent pas savoir.


■ Réaction du gouvernement congolais

A Kinshasa, les autorités du pays ne se sentent pas concernées par l'appel de l'Union européenne concernant la publication d'un calendrier global et détaillé pour les prochaines élections. Le gouvernement renvoie la question à la Céni, la Commission électorale nationale indépendante. « Je crois que cela s’adresse à la Commission électorale nationale indépendante qui a en charge la question du calendrier électoral », estime Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, pour qui le pouvoir en place a déjà fait sa part. Selon lui, le gouvernement réglé la question de financement des élections, reste seulement à donner des instructions au ministère des Finances pour mettre à la disposition de la Commission ce dont elle a besoin.

Apollinaire Malu-Malu, le président de la Céni, lui n’a pas décroché son téléphone pour répondre aux questions de RFI.

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