Burundi: l’Eglise dénonce les dérives du processus électoral

Au Burundi, les évêques catholiques, ici photographiés en octobre 2014, dénoncent les irrégularités du processus électoral.
© Esdras Ndikumana / RFI

L’Eglise catholique du Burundi, qui regroupe environ 60% de la population et qui est la première force morale du pays, ne cache plus son inquiétude sur les dérives observées dans l’opération d’enrôlement des électeurs, en cours depuis deux semaines, et qui vient d’être prolongée de cinq jours par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Dimanche 7 décembre, les évêques du Burundi ont dénoncé avec force dans un message aux fidèles, les nombreuses irrégularités qu’on observe dans la distribution des cartes d’identité. De quoi nuire à tout le processus électoral.

Pour dénoncer les irrégularités observées dans le processus électoral, les évêques catholiques du Burundi ont profité d’une tribune exceptionnelle, la grande messe du dimanche célébrée à la cathédrale Regina Mundi de Bujumbura, la plus grande église du pays. La cérémonie est retransmise en direct par la radio nationale et suivie par des millions de fidèles. Et pour donner plus de poids à leur message, les huit évêques du pays étaient présents.

Absence de dialogue politique, tentative du pouvoir burundais d’exclure des opposants en instrumentalisant la justice… Tout cela inquiète la conférence des évêques catholiques du Burundi. Mais les allégations de fraudes massives dans l’enregistrement des électeurs les inquiètent encore plus, comme l’a expliqué à RFI le président de cette conférence. « L’étape que nous sommes en train de parcourir est jonchée de pas mal d’irrégularités que tout le monde reconnaît », a déclaré Monseigneur Gervais Banshimiyubusa juste après la messe.

Des irrégularités reconnues par tous

Opposition et société civile dénoncent des violations qui passent par des distributions massives de fausses cartes d’identité par le pouvoir depuis deux semaines. Même le gouvernement et la Céni ont fini par reconnaître des irrégularités.

Aujourd’hui, le processus électoral burundais semble en danger et les évêques de la toute-puissante Eglise catholique du Burundi en appellent à un « dialogue véritable ». « Cela signifie que tous puissent discuter et voir quelles sont les possibilités réelles qui nous restent pour que nous puissions continuer le processus électoral ». Mais même l'Eglise aura sans doute du mal à se faire entendre sur cette question.