Le travail de l'ombre des cliniques juridiques en Côte d'Ivoire

Palais de justice d’Abidjan, Côte d’Ivoire.
© Wikimedia

Depuis la fin de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, de nombreux tribunaux ont été réhabilités ou construits à l'intérieur du pays. Après parfois plus de dix années d'absence, un accompagnement était nécessaire pour cet accès à la justice, surtout quand on sait qu'un seul et unique avocat est installé hors d'Abidjan. L'Association des femmes juristes de Côte d'Ivoire, grâce à un financement de l'Union européenne, a ainsi installé et anime six cliniques juridiques à San Pedro, Guiglo, Man, Bouake, Korhogo et Bondoukou.

Ces cliniques juridiques fonctionnent comme des centres d'écoute et d'orientation. Les juristes peuvent traduire les textes dans les langues locales : les conseils sont gratuits, avec l'objectif de permettre aux populations de mieux comprendre et surtout revendiquer leurs droits.

Les problèmes fonciers sont les plus fréquents - aggravés par les déplacements des habitants des zones touchées par les crises depuis 2002. Une assistance judiciaire est prévue pour quelques personnes parmi les plus démunies, mais cela ne suffit pas. Fatimata Diabate est la directrice nationale du projet et selon elle, « les gens viennent porter leurs problèmes à la connaissance de la clinique juridique. Mais quand vous voulez mettre en oeuvre la procédure judiciaire, ces personnes se rétractent. Les frais de procédure, surtout en matière civile, sont élevés. Il faut prendre un huissier, payer des actes au niveau du tribunal. Tout cela n'est pas à la portée des populations. »

L'autre fléau qui sévit en Côte d'Ivoire, ce sont les violences sexuelles. Les cliniques forment les acteurs judiciaires locaux dans le domaine, notamment sur le certificat médical - il coûte 50 000 CFA, près de 80 euros  - alors qu'il n'est pas indispensable. «Il y a certains acteurs de la justice qui continuent de réclamer ce certificat. Et aussi, parfois, la victime ne peut pas se soigner [et] elle arrive au procès malade. Quelqu'un qui n'est pas en bon état physique ne peut pas s'assurer un procès équitable », explique la directrice du projet. Quelques structures de prise en charge médicale gratuites existent mais elles sont trop rares, et souvent méconnues.

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