Mali: l’armée française annonce avoir tué un chef d’al-Mourabitoune

Soldat français de l'opération Barkhane au Mali, le 5 novembre 2014.
© REUTERS/Joe Penney

Moins de 48 heures après la libération de Serge Lazarevic, l'armée française, via l'opération Barkhane, intensifie ses actions dans le nord du Mali. L’état-major a annoncé, ce jeudi matin, avoir éliminé l'un des chefs du groupe jihadiste al-Mourabitoune.

A Paris, l'état-major de l'armée française affirme avoir neutralisé Ahmed al-Tilemsi, de son vrai nom Abderrahmane Ould El-Amar, et dix autres jihadistes. Une opération menée suite à la collecte « d'un renseignement d'opportunité », indique l'armée, sans doute une infirmation de terrain, dans la zone de Gao, région d'origine de ce chef d'al-Mourabitoune.

Ce groupe est né de la fusion en 2013 de la katiba Les Signataires par le sang de Mokhtar Belmokhtar et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Dans l'organigramme officiel du mouvement, Ahmed al-Tilemsi était responsable des opérations intérieures au Mali et notamment des attaques contre l'armée française menées ces derniers mois. Selon une source gouvernementale française, citée par l'AFP, « Ahmed al-Tilemsi était une cible de haute valeur. Nous le traquions depuis plusieurs jours ». Il était, selon cette même source, le commanditaire de l'enlèvement du Français Gilberto Rodrigues Léal en novembre 2012, dont la mort a été annoncée en avril dernier, mais dont le corps n'a jamais été retrouvé. Mokhtar Belmokhtar gère de son côté les liens entre le Mali et le sud de la Libye. Dès sa création, al-Mourabitoune a d'ailleurs fait allégeance à al-Qaïda central.

Auparavant, Ahmed al-Tilemsi était, durant l'occupation du nord du Mali en 2012-2013, le commandant de la katiba Oussama Ben Laden et dirigeait, avec d'autres chefs jihadistes, la ville de Gao. C'était un local puisque ce Malien de la communauté arabe est né à Tilemsi dans le cercle de Bourem à la fin des années 70. Avant de passer au Mujao, il était avant tout un narcotrafiquant qui travaillait pour des milices pro-Bamako. Ahmed al-Tilemsi s'est rapproché opportunément du Mujao en 2012 pour combattre le MNLA qui a dû fuir la ville de Gao en juin 2012. Il en est alors devenu un des cadres majeurs, un des grands financiers aussi. On retrouve sa marque notamment dans la prise d'otage du consul algérien et ses proches à Gao. Depuis juillet dernier, les Etats-Unis avaient mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars.