Problèmes fonciers: les Maliens veulent une accélération des réformes

La police a interrompu la marche contre l'accaparement des terres au bout d'une centaine de mètres, jeudi 11 décembre, à Bamako.
© David Baché / RFI

Au Mali, une manifestation contre l’accaparement des terres était organisée hier, jeudi, à Bamako. Cette marche visait à la fois à soutenir les réformes annoncées par les autorités maliennes et à demander leur accélération. La marche n'a finalement pas pu avoir lieu, mais les manifestants ont quand même fait entendre leur voix sur un sujet sensible.

Les manifestants ont pu défiler durant une centaine de mètres, pas plus. Descendus dans les rues de Bamako pour défendre les victimes d’accaparement des terres, ils ont rapidement été arrêtés par la police. « Ils invoquent la raison d’Etat, la situation du pays. Mais quelle est donc cette situation particulière que nous ne connaissons pas ? Ils ont sollicité qu’on sursoie la marche et, jusqu’à nouvel ordre, on a accepté mais contre notre gré », a précisé Boubacar Tangara, secrétaire général de la Cellule des sans voix qui organisait la marche.

La police invoque en fait l’échange de prisonniers contre l’ex-otage français Serge Lazarevic pour justifier cette demande qui viserait à assurer le calme dans une ville pourtant apparemment tranquille.

Une bombe à retardement

Les manifestants étaient venus dénoncer les blocages qui empêchent le règlement de nombreux litiges fonciers. « Bien sûr, il y a des blocages parce qu’il faut assainir les Domaines. Les personnes qui s’occupent du foncier sont les mêmes que celles qui spéculent ! Voilà la raison pour laquelle les dossiers n’avancent pas. Ce que nous demandons, c’est que le service des Domaines soit assaini » a déclaré Sambou Fané, président de la Cellule des sans voix.

Le dossier du foncier au Mali est une bombe à retardement. Lettres d’attribution de terres distribuées de manière anarchique, chefs de villages qui se disent expropriés ou encore une même parcelle attribuée à une douzaine de personnes... La situation devient intenable : il faut réformer le secteur.

Une réforme qui est en cours et à laquelle les manifestants ne s'opposent pas. Ils soutiennent plusieurs des mesures déjà annoncées par le gouvernement comme la mise en place d’un cadastre foncier national ou encore la numérisation des archives foncières.

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