Cameroun: la presse inquiète de la nouvelle loi antiterroriste

Des soldats camerounais, le 17 juin 2014, surveillent leur position dans la ville-frontière d'Amchidé, à l'extrême nord du pays, une ville soumise aux exactions du mouvement islamiste Boko Haram.
© AFP/Reinnier KAZE

La semaine dernière, le Parlement camerounais a adopté une loi antiterroriste très controversée. L'opposition et la société civile lui reprochent d'être trop floue et de laisser la porte ouverte à des abus. Les journalistes, eux, sont particulièrement inquiets, puisque cette loi pourrait leur imposer de révéler leurs sources.

« Un médicament qui tue », voilà comment Frederic Boungou, le directeur de publication du Messager résume cette loi antiterroriste. Pour lui, elle est inacceptable dès lors qu'elle permet à un tribunal militaire d'imposer à un journaliste de divulguer ses sources. Deux journalistes ont déjà été inculpés en octobre dernier par un tribunal militaire pour avoir refusé de révéler leurs sources après des enquêtes sur Boko Haram.

Il s'agit donc d'un recul par rapport aux libertés octroyées dans la loi de 1990. C'est le sentiment général des journalistes qui dénoncent une dérive autocratique du régime. Haman Mana, le rédacteur en chef du quotidien Le Jour estime que les parlementaires camerounais ont peur de la rue et notamment d'un scénario à la burkinabè.

Le gouvernement, pour sa part, récuse toute arrière pensée et se contente d'insister sur la nécessité de contrer la secte Boko Haram dont l'action déstabilise le Nnord du pays.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.