Cameroun: lourdes pertes pour Boko Haram à la frontière nigériane

Capture d'écran de la vidéo de Boko Haram dans laquelle Aboubakar Shekau, le chef du groupe islamiste, exclut toute négociation avec le gouvernement nigérian en vue d'un cessez-le-feu.
© AFP PHOTO / BOKO HARAM

Au Cameroun, 116 miliciens du groupe terroriste islamiste Boko Haram sont morts alors qu’ils tentaient d’attaquer l’armée camerounaise, rapporte le ministère de la Défense. Les assaillants ont mené une offensive mercredi en fin de matinée sur les positions de l’armée à Amchidé, une ville frontalière du Nigeria. Les combats ont duré plus d’une heure et ont causé la mort d’un soldat camerounais alors qu’un autre est toujours porté disparu.

Les combats ont eu lieu à Amchidé, l’un des postes-frontière qui subit le plus le harcèlement des éléments de Boko Haram jeudi en fin de matinée. Les sources militaires camerounaises confient que les assaillants étaient très nombreux, environ un millier d’hommes.

Les forces camerounaises, au terme de combats d’une rare intensité, sont parvenues à repousser les assaillants. Un communiqué officiel du ministère de la Défense indique que 116 islamistes de Boko Haram ont été tués. Les forces camerounaises déplorent, quant à elles, un mort et un disparu, ainsi que des véhicules militaires détruits.

La ville d’Amchidé abrite un important camp militaire à deux kilomètres à peine de Banki, côté Nigeria. Une zone passée depuis des mois sous contrôle de Boko Haram. La pression que la secte islamiste exerce sur cette localité est quasi quotidienne. Boko Haram semble s’être donné pour objectif d’occuper cette base militaire qui est l’un des verrous qui empêchent la progression à l’intérieur du Cameroun. L’état-major camerounais a déjà déployé dans toute la région 6 000 personnes pour renforcer ses positions.

De plus en plus d'engins explosifs artisanaux

Les militaires camerounais ont noté un changement de tactique de la part de Boko Haram. Les islamistes disséminent désormais des engins explosifs artisanaux sur les routes pour piéger les convois camerounais. Mercredi, dans la localité déserte d'Amchidé, un véhicule du génie militaire camerounais a sauté sur une mine artisanale. L'explosion a donné le coup d'envoi de l'offensive. Des dizaines de véhicules tout-terrains nigérians ont franchi la frontière pour fondre sur la base camerounaise.

En dix jours, huit soldats camerounais ont sauté sur des mines artisanales. Ce nouveau mode de terreur introduit par les radicaux coïncide avec le renforcement des points sensibles de la frontière notamment par le creusement de tranchées pour empêcher les attaques de Boko Haram.

L'état-major camerounais constate que Boko Haram dispose de tacticiens efficaces et de stratèges. Il note que la secte armée accentue sa pression sur deux localités commerçantes du Nord, Amchidé et Kotokol, sans doute dans l'espoir de s'accaparer les richesses des familles commerçantes qui travaillent des deux côtés de la frontière. L'état-major relève aussi que la tactique des engins piégés prouve l'efficacité du dispositif mis en place par Yaoundé. Boko Haram ne pourra jamais s'installer en territoire camerounais, jure un officier.