Madagascar: cinq présidents pour une réconciliation nationale

Marc Ravalomanana, qui est en résidence surveillée depuis son retour d’exil il y a deux mois, sera présent au sommet.
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Le sommet, très attendu, des présidents malgaches s’ouvre ce vendredi à Ivato en périphérie d’Antananarivo et se tiendra à huis clos. L'information a été annoncée par la présidence et par l’organisateur, le FFKM, le Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar. Didier Ratsiraka, Albert Zafy, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et l’actuel président Hery Rajaonarimampianina seront autour d’une même table pour mettre en œuvre le processus de réconciliation nationale. Réunir ces cinq hommes est un premier défi relevé, mais la suite s’annonce difficile. Les tensions sont encore vives entre les protagonistes.

Les cinq présidents seront présents, y compris Marc Ravalomanana qui est en résidence surveillée depuis son retour d’exil il y a deux mois. Andry Rajoelina participera également à la rencontre, bien qu'il soit réticent, jusqu’à maintenant, au projet.

Cinq ans après la crise politique de 2009, l’inimitié entre les deux hommes est encore forte. La donne s’est compliquée avec l’entrée récente de Hery Rajaonarimampianina sur l’échiquier politique. L’actuel président de la République a été mis en selle par Andry Rajoelina, mais il lui a tourné le dos sitôt après les élections, sans pour autant rejoindre le camp Ravalomanana. Quant aux deux anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy, ils se sont affrontés lors de la crise de 1991. La crise de 2002 impliquait Ratsiraka et Ravalomanana.

Mais aujourd’hui s’agit-il de réconcilier des personnalités ou bien de faire la lumière sur les événements politiques ? Tout le monde n’est pas d’accord sur la définition même de la réconciliation. Les chefs d’Eglises ont établi une base théorique. Elle consiste en quatre notions : vérité, reconnaissance des torts, repentance et pardon.

Par ailleurs, on a appris jeudi soir la libération de cinq personnes soupçonnées d’avoir aidé Marc Ravalomanana à entrer dans le pays illégalement. Jean-Marc Koumba, ex-garde du corps de l’ancien président, ainsi que quatre agents de l’aviation civile ont obtenu une liberté provisoire dans la soirée. Ils étaient incarcérés depuis deux mois à la prison de Diégo Suarez.