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Mali

Mali: une foule nombreuse pour l’inhumation d’Intalla ag Attaher

Le vieil amenokal Intalla, puissant chef des Ifoghas à Kidal dans la cour de sa maison.
© RFI / Claude Verlon

Au Mali, la région de Kidal a perdu, jeudi soir, son grand chef coutumier, l'amenokal Intalla ag Attaher. Emporté en quelques jours par la maladie, à 87 ans, il était un homme respecté, à la fois médiateur et juge. C'est lui que la communauté venait consulter en cas de problèmes ou de conflits, notamment sur les grandes questions du nord du Mali comme les négociations actuelles avec Bamako. Il tenait ce poste de chef coutumier depuis le début des années 60.

Comme le veut la tradition musulmane, Intalla ag Attaher a été inhumé dès ce vendredi matin. Toute la nuit, la foule s'est présentée au niveau de la concession de la famille de l'amenokal pour présenter ses condoléances et se recueillir au son des versets du coran. Très tôt ce matin - vers 7 heures - la population s'est rendue au cimetière.

Dans la foule, il y avait Izga ag Sidi. Cet élu de la région connaissait bien le chef coutumier : « Les gens sont très tristes. Il a été enterré dans le grand cimetière d’Aliou, le quartier où il résidait. Il y avait beaucoup de gens, peut-être 3 000 ou 4 000 personnes. Dans cette foule, j’ai vu des enfants. On l’a mis en terre et on a fait la prière. Il y a eu des embrassades, mais tout le monde est resté très calme, très tranquille. Il y avait plus de 50 ans qu’il était chef, c’était un grand homme. »

Les jeunes de Kidal sont eux aussi venus au cimetière. Par respect pour « le vieil Intalla », comme ils l'appellent. A l'image d'Abdelhamid, nombre d'habitants sont sous le choc et inquiets, car Intalla ag Attaher est parti en quelques jours et il était au coeur des discussions avec Bamako. Sa mort laisse donc un vide : « C’est beaucoup, beaucoup d’émotion. C’est un choc terrible parce que déjà c’est quelqu’un qui recevait tout le monde. Quand il avait un problème, il n’hésitait pas à donner de ses biens pour trouver une solution. Il était très impliqué dans la recherche d’une solution au conflit. Sa mort risque de plonger la population dans beaucoup de choses. Tout dépendra maintenant de qui va lui succéder et quelles seront les décisions que cette personne prendra. »

Concernant sa succession, il est trop tôt pour donner une date, notamment parce que les cérémonies d'hommage seront longues. Intalla ag Attaher a eu trois fils : Alghabas, Mohamed et Atayoub. Tous ont des responsabilités autant dans les groupes armés que dans la communauté touarègue. Le doyen a normalement proposé son choix avant de mourir, mais les chefs de famille, les chefs coutumiers, devront dans un premier temps se réunir pour débattre de cette succession fondamentale pour l'avenir du nord du Mali.

L'Azawad était occupé par la France. Quand la France est partie, elle a installé le Mali ici au Nord. Depuis 1960, aucune infrastructure, aucune administration digne de ce nom n'a été mise en place. Par conséquent, nous n'avons pas le choix, il faut que nous cherchions nous même des solutions pour le développement : créer des écoles, des structures de santé avant de penser à la création d'un Etat même si le but principal c'est d'avoir un jour un Etat avec tout ce que cela comporte d'organisation. Je vous demande de réfléchir à tout ça, d'avoir une réflexion constructive pour l'avenir. Merci.
Amenokal Intalla ag Attaher
19-12-2014 - Par RFI

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