Ouganda: le rapatriement des ex-rebelles du M23 compliqué

Des membres de l'ex-rébellion du M23 devant le camp de Rwamwanja, le 17 décembre.
© AFP PHOTO/ ISAAC KASAMANI

Les premiers éléments du M23 rapatriés de l'Ouganda sont arrivés à la base de Kamina, au Katanga. Le coordonnateur du Mécanisme national de suivi en RDC, François Muamba s'en félicite et rejette la responsabilité de la lenteur sur les ex-dirigeants de l'ex-rébellion. Du côté Ouganda, on relativise cette lenteur.

Au cours d'un entretien avec des journalistes, François Muamba a accusé ceux qu'il a appelés « le quarteron », autrement dit les anciens dirigeants de l'ex-rébellion du M23. Selon le coordonnateur du Mécanisme national de suivi, ce groupe des dirigeants de l’ex-M23 manipule les candidats au retour volontaire. Ils iraient même jusqu'à créer l'illusion d'un exil doré au Canada pour ceux qui devaient se retrouver sur le sol ougandais après le 12 décembre, date anniversaire de la déclaration de Nairobi.

Les dirigeants ougandais eux-mêmes font l'objet de suspicions pour avoir menacé d'accorder le statut de réfugié politique aux ex-M23 après cette date du 12 décembre. Côté ex-M23, on épingle la lenteur dans l'application de l'amnistie. Seulement une petite minorité aura été éligible à ce jour, explique-t-on dans les rangs des ex-rebelles. Et la divergence demeure sur le nombre des ex-rebelles en Ouganda : 4 000 soutiennent leurs représentants, 2 000 rétorque François Muamba. En dépit de cela, un accord a été signé mardi à Entebbe par des représentants de la RDC et ceux de l'Ouganda pour éviter le rapatriement forcé tout en respectant le seul cadre de la Déclaration de Nairobi.

Les ex-rebelles convergent vers Rwamwanja

D’après l’armée ougandaise, plus de 600 ex-combattants avaient retrouvé jeudi soir leur baraquement dans le sud-ouest du pays. Des convois militaires les y ont transportés depuis le camp de réfugiés de Rwamwanja dans la même région. Ils s’étaient massés autour de ce camp espérant ainsi échapper à toute tentative de rapatriement.

Selon le ministre en charge des réfugiés, Musa Ecweru, il n’était pas question d’accepter ces hommes à l’intérieur du site alors qu’ils ne sont ni désarmés, ni démobilisés. D’autant plus que les civils congolais présents avaient justement fui les affrontements entre le M23 et l’armée congolaise, il y a plus d’un an.

Quant aux ex-rebelles qui manquent encore à l’appel – au moins 700 – ils continueraient de converger tranquillement vers Rwamwanja. Selon Paddy Ankunda, porte-parole de l’armée ougandaise, ils arrivent d’eux-mêmes il n’est donc pas nécessaire de partir à leur recherche. Ils seront reconduits dans leur camp militaire progressivement, précise-t-il. De son côté, le chef de l’ex-M23 est moins serein et déplore deux suicides parmi ses camarades. Bertrand Bisimwa se dit également sans nouvelle d’une vingtaine d’hommes malades et incapables de fuir mardi, alors que Kampala tentait, selon lui, un rapatriement forcé.