La Belgique refuse le dernier versement d’une aide au Rwanda

La Belgique a décidé ne pas verser 40 millions d'euros au Rwanda, considérant que Kigali n'avait pas atteint certains critères en terme de bonne gouvernance et de liberté de la presse.
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La Belgique a décidé ne pas verser 40 millions d'euros au Rwanda, considérant que Kigali n'avait pas atteint certains critères en terme de bonne gouvernance et de liberté de la presse. Une décision annoncée au gouvernement rwandais, il y a quelques jours, et qui explique sans doute les propos tenus par le président Paul Kagame vendredi dernier. Le chef de l’Etat rwandais s'en était pris aux bailleurs de fonds, les accusant de chercher à dicter leurs volontés.

La Belgique avait prévu d'allouer au Rwanda 160 millions d'euros pour la période 2011-2014 au titre de la coopération, mais avait mis sur la table une enveloppe de 40 millions supplémentaires. Une tranche dite « incitative ». Si certains critères relatifs au dialogue politique, à la bonne gouvernance et au développement des médias étaient atteints, cette somme rondelette serait versée à Kigali.

Selon son cabinet, le ministre belge de la Coopération a considéré début décembre que ce n'était pas le cas. Cette décision de « non-versement » aurait été annoncée aux autorités rwandaises mercredi dernier à Kigali lors d'une réunion avec l'ambassade de Belgique et des émissaires de Bruxelles. Soit deux jours avant le discours virulent de Paul Kagame. La Belgique a peut-être touché un nerf déjà sensible, commente un observateur étranger rappelant la réaction très hostile des autorités rwandaises aux propos de François Hollande à Dakar sur la nécessité de respecter le jeu démocratique.

Lundi, l'ambassadeur belge à Kigali insistait lui sur Twitter sur le fait que le Rwanda et la Belgique continuent d'avoir une excellente coopération. Près de 18 millions d'euros supplémentaires viennent d'être injectés dans le secteur de la santé, a-t-il souligné à titre d'exemple. Les ministres belges des Affaires étrangères et de la coopération sont attendus en janvier au Rwanda et au Burundi pour discuter du contexte politique avec les autorités, mais aussi la société civile et les ONG.