Mauritanie: ouverture du procès de Biram ould Dah Ould Abeïd

Biram ould Dah Ould Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), après sa sortie de prison, le 3 septembre 2012 à Nouakchott.
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En Mauritanie s’ouvre, ce mercredi 24 décembre, le procès de plusieurs militants anti-esclavagistes à Rosso, dans le sud du pays. Parmi ces militants figure Biram ould Dah ould Abeïd, le leader de l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA). Ce procès concerne au total huit prévenus, qui avaient été inculpés et écroués à la mi-novembre, suite à une campagne pour dénoncer l'esclavage.

Tout est parti d’une campagne de sensibilisation, menée par l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, le long du fleuve Sénégal. Une série de conférence et de rassemblements qui visaient à dénoncer l’accaparement des terres, au détriment de la communauté haratine dans le sud du pays. Mais ces messages divulgués par les militants anti-esclavagistes ont été diversement interprétés. Les autorités y voient un appel à la haine raciale.

Du coup, la caravane a été interrompue et le 14 novembre dernier, dix militants ont été arrêtés et écroués à Rosso. Parmi eux figure Biram ould Dah Ould Abeïd, ancien candidat à la présidentielle de juin dernier. Selon ses proches, depuis 2010, c’est son troisième procès lié à son activisme. Avec ses partisans, il est prévenu de quatre chefs d'inculpation, notamment d’outrage aux forces de l’ordre et d’organisation d’un rassemblement public non autorisé.

A l’ouverture du procès, ses avocats entendent démonter le caractère légal de cette arrestation. Pour eux, il s’agissait d’une caravane pacifique, qui avait été notifiée auprès du ministère de l’Intérieur dix jours à l’avance.