Tunisie: incident lors du transfert des archives de la présidence

Un membre de la garde présidentielle non loin du palais présidentiel de Carthage.
© AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

En Tunisie, l’instance Vérité et Dignité, chargée de mettre en place la justice transitionnelle et d’enquêter sur les crimes des régimes de Ben Ali et Bourguiba, a commencé ses travaux ce mois-ci. Ses responsables ont eu accès au palais présidentiel jeudi et ont placé la totalité de ses archives dans des cartons afin de les récupérer. Le but : les transférer aux archives nationales pour les numériser, les classer et les exploiter. Mais ils assurent en avoir été empêchés vendredi par des membres de la garde présidentielle. Leurs camions ont dû rebrousser chemin.

« Des membres du syndicat de la garde présidentielle ont bloqué l’accès au palais de Carthage à nos camions », assure la présidente de l’instance Vérité et Dignité. Sihem Ben Sedrine affirme qu’elle disposait d’un accord écrit de la présidence pour récupérer ces documents. Dans un deuxième accord, le directeur de la garde présidentielle s’engageait, toujours selon elle, à veiller sur le convoi.

Le secrétaire général du syndicat de la garde présidentielle, Hichem Gharbi, a lui soutenu au journal en ligne Webdo que ses hommes ont voulu protéger les archives car aucune instruction ne leur avait été donnée et que l’instance Vérité et Dignité ne leur a fourni aucun justificatif.

Une plainte déposée

« Je n’avais pas à me justifier devant un syndicat, ce n’est pas de sa compétence d’approuver ou non cette opération », se défend Sihem Ben Sedrine. Elle évoque un « acte de rébellion, contraire aux lois », précisant que des transferts partiaux ont déjà été effectués par le passé.

Ce transfert total était préparé de longue date, précise-t-elle. Un accord avait été donné dès le 24 novembre, en pleines élections, mais l’opération aurait été retardée sur demande de la présidence afin de ne pas alimenter d’éventuelles interprétations politiques. L’instance Vérité et Dignité a porté plainte nominativement contre les gardes qui ont empêché cette opération.

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