Projet de révision constitutionnelle en RDC: un député arrêté

Le député Vano Kiboko a été arrêté lundi alors qu'il était venu récupérer son passeport confisqué à l'aéroport de Kinshasa.
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Le député congolais Vano Kiboko a été arrêté hier, lundi, au sortir de la Direction générale de migration où il était allé récupérer son passeport confisqué lundi à l'aéroport de Kinshasa et inculpé dans la nuit, selon une source proche, pour « incitation à la haine tribale et division tribale ». Son avocat, Maître Masayi n'a pas souhaité commenter la procédure, évoquant le droit de réserve. Les motifs évoqués sont qualifiés par l'entourage de Vano Kiboko de ridicules et honteux.

Au cours d'une conférence de presse samedi à Lubumbashi, Vano Kalembe Kiboko, député national honoraire, également président de l'association culturelle Lwanzo Lwa Mikuba, s'était opposé à une révision constitutionnelle qui permettrait au président actuel de briguer un troisième mandat. Il avait également profité de l'occasion pour demander à la majorité de choisir un dauphin à Joseph Kabila et Vano Kiboko s'était prononcé en faveur d'une éventuelle candidature du gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe.

Dimanche, alors qu'il s'apprêtait à partir pour les Etats-Unis via la France, le notable avait été interdit de voyage à l'aéroport de Kinshasa. Son passeport lui avait été confisqué. Mais son épouse et ses deux enfants avaient eux été autorisés à partir. C'est le lendemain, soit lundi, que Vano Kiboko apprendra à la Direction générale de migration (DGM) le motif de la confiscation du passeport : « Refus de se présenter personnellement aux formalités d'immigration », selon sa fille Gloria Kiboko qui l'avait accompagné dans les démarches.

Le passeport récupéré, deux inspecteurs de la police judiciaire qui l'attendaient à la sortie de la DGM, l'ont interpellé et lui ont passé les menottes, raconte encore Gloria Kiboko. Direction l'office du procureur général de la République, non loin de la DGM avant d'être conduit dans la soirée au casier judiciaire, le siège de la police et des parquets.

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) dénonce une arrestation arbitraire et parle de menaces et intimidations à l'endroit de ceux qui s'opposent à la révision constitutionnelle.