La défense de Simone Gbagbo satisfaite du renvoi du procès

A Abidjan, le procès pour «atteinte à la sûreté de l'Etat» a été reporté, sur demande de la défense.
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À la cour d’assises d’Abidjan, les défenseurs des 82 accusés - dont Simone Gbagbo -, réclamaient quelques jours supplémentaires pour obtenir des pièces des dossiers manquantes. Ils ont obtenu satisfaction. Au troisième jour d’audience, ce mardi 30 décembre, le procès pour « atteinte à la sûreté de l'Etat » a été ajourné jusqu’au 6 janvier.

Cette troisième journée d’audience à la cour d’assises d’Abidjan a été beaucoup plus courte que la veille. Elle a débuté à 11 heures, mais une heure plus tard, le président du tribunal déclarait le procès ajourné jusqu’au 6 janvier.

La raison rejoint celle invoquée par les avocats, qui réclamaient plus de temps pour obtenir des copies des dossiers de leurs clients. D’autres se plaignent de ne pouvoir les rencontrer correctement dans les prisons où ils sont incarcérés pour préparer au mieux leur défense.

Pour Maître Dako Zahui, ce report de quelques jours est le minimum pour un procès d’un tel niveau. « C’est le parquet général qui poursuit et donc qui a cette responsabilité de mettre en état le dossier, explique-t-il. Or, il se trouve que c’est fait de façon approximative, parce qu’en permanence, les pièces ne sont pas données à temps et on a l’impression que quand il donne les pièces pour communiquer telle chose, c’est une faveur. Ce n’est pas une faveur, c’est le droit. Quand on organise la cour d’assises, ce n’est pas un tribunal de droit commun. Donc ça suppose que tous les actes doivent être faits conformément à la loi pour assurer un procès équitable. »

Manque de moyens

Un point de vue partagé par Maître Dirabou, doyen des avocats de la défense. « Nous avons plus de 3 000 copies à faire et les pièces nous ont seulement été communiquées la semaine dernière, ainsi que la répartition entre avocats, puisque chaque avocat doit avoir un dossier complet. C’est pour cette raison que nous avons sollicité le renvoi. » Pour Me Dirabou, ces dysfonctionnements sont de l’aveu même de l’avocat général, liés à un manque de moyens. Mais « ce n’est pas à moi de leur fournir les moyens, proteste le doyen. L’Etat a plus de moyens que moi. » Avant de s’indigner : « Nous parlons d’un procès d’assises. Ça doit se préparer sérieusement et tout doit être fait et fin prêt avant l’ouverture. »

Les avocats ont donc été satisfaits d’entendre le président du tribunal abonder dans leur sens. Le président de la cour Tahirou Dembélé, se tournant vers l’avocat général Simeon Yabo Odi, a demandé à celui-ci de respecter le droit de la défense et à satisfaire à cette obligation, Simeon Yabo Odi étant parfaitement du même avis. Chacun devrait donc se retrouver sur la même longueur d’onde le 6 janvier 2015.