Niger: menace grandissante de Boko Haram dans la région de Diffa

Des réfugiés nigérians photographiés à Maïné-Soroa, dans la région de Diffa, en avril 2014.
© AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

Les députés nigériens de Diffa ont interpellé le gouvernement, le 30 décembre, sur la menace grandissante de Boko Haram dans leur région, frontalière du Nigeria où agit la secte islamiste. Ces élus de l'opposition sont inquiets car ils voient de plus en plus de jeunes de la région qui rejoignent les rangs de Boko Haram - de l'autre côté de la frontière - contre de l'argent.

Pour les députés de l'opposition, la réponse sécuritaire est bien sûr indispensable à Diffa pour faire face à Boko Haram mais elle n'est pas suffisante. Ils constatent, en effet, que faute de mieux, les jeunes désœuvrés sont de plus en plus nombreux à rejoindre la secte islamiste.

« Nous pensons - et nous l'avons dit au gouvernement - qu'il faut prendre des dispositions urgentes du point de vue l'emploi car les jeunes sont guidés souvent par les gains faciles de l'autre côté. Notre objectif c'est de faire en sorte que ce genre de déplacements soient totalement enrayés pour qu'on n'ait pas l'effet boomerang de ce qui se passe au Nigeria », a déclaré, à RFI, le député Lamido Moumouni.

Boko Haram promettrait ainsi jusqu'à 300 000 francs CFA aux jeunes - un peu moins de 500 euros - pour les attirer.

Pour le gouvernement du Niger, le problème existe bel et bien mais il reste marginal par rapport aux enjeux humanitaires dans la région, avec des réfugiés qui affluent à cause des exactions de Boko Haram de l'autre côté de la frontière.

« Il y a effectivement des jeunes Nigériens qui sont recrutés par Boko Haram mais ils ne sont pas très nombreux. Les flux ne sont pas importants. Ce qui nous préoccupe, par contre, c’est une vague de migration massive du Nigeria vers le Niger. Aujourd’hui nous en sommes à pratiquement 100 000 réfugiés du Nigeria. C’est vraiment cela qui nous préoccupe ; c’est la situation humanitaire », a, pour sa part, déclaré le ministre de l’Intérieur, Massoudou Hassoumi.

Le ministre insiste aussi sur l'opération militaire déployée dans la région, à savoir « 3000 hommes mobilisés pour empêcher les incursions de Boko Haram au Niger », affirme-t-il.