Echéance de l'ultimatum aux FDLR en RDC

Combattants des FDLR en République démocratique du Congo (archives)
© Reuters

C'est ce 2 janvier que se termine officiellement l'ultimatum lancé aux rebelles hutus rwandais. Deux organisations sous-régionales, la CIRGL et la SADC avaient donné cette date limite aux FDLR pour désarmer volontairement et rejoindre les camps de cantonnement. Or aujourd'hui, ils sont moins de 400 combattants sur 1500 à 3000, selon les estimations, à avoir rejoint les centres de transit mis en place par la Monusco. Le gouvernement congolais se dit prêt à lancer les opérations contre les FDLR. La Monusco ne dit pas autre chose et pourtant, il pourrait ne rien se passer dans les prochains jours.

Les envoyés spéciaux pour les grands lacs - Etats-Unis, Union Européenne, Union Africaine, Belgique - devraient publier une déclaration ce vendredi car les forces des FDLR qui n'auraient pas désarmé d'ici ce 2 janvier devraient être neutralisés lors d'opérations militaires conjointes de l'armée congolaise et de la brigade d'intervention de la Monusco. Fermeté affichée : il faut que les opérations militaires débutent le plus rapidement possible. Et coup de pression sur la Monusco et surtout sur le gouvernement congolais, accusé de traîner les pieds depuis un an. En principe, il faudrait tout de même attendre la mi-janvier et un sommet de la CIRGL et de la SADC – artisans de l’ultimatum – pour valider l’option militaire. Mais au cours de ces derniers mois, on a assisté à des dissensions entre les deux organisations sous-régionales.

La Conférence internationale pour les grands lacs, présidé par l’Angola, est la principale concernée puisqu'elle inclut le Rwanda et la RDC. Mais les troupes de la brigade d'intervention de la Monusco – désignées pour les opérations - sont elles issues de pays de l’Afrique australe, c’est-à-dire la SADC et ses piliers, l'Afrique du Sud et la Tanzanie, perçus comme hostiles au régime rwandais. Le président tanzanien avait notamment soutenu en 2013 l'idée d'un dialogue entre le gouvernement rwandais et les FDLR, au grand dam de Rwanda.

Les FDLR - eux - demandent toujours et en vain l'ouverture de l'espace politique dans leur pays et même un dialogue, rejoignant en cela une partie de l'opposition rwandaise. Mais le conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis en tête, le Rwanda et l'Angola ne veulent pas en entendre parler. Pour eux, les FDLR, en tant que groupe armé dont certains leaders sont accusés d’être des génocidaires, doivent désarmer et rentrer chez eux sans contrepartie, ni garanties en terme de droits politiques ou choisir la route de l'exil.

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02-01-2015 - Par Sonia Rolley