Togo: l’opposition exige des réformes constitutionnelles

Le président togolais Faure Gnassingbé, à Paris en décembre 2013.
© © Mustafa Yalcin / Anadolu Agency

Faure Gnassingbé, en s’adressant aux Togolais pour les vœux de Nouvel an, a annoncé la création d’une commission de réflexion pour proposer des réformes profondes pour l’enracinement de la démocratie au Togo. Ses opposants, eux, déposent une proposition de loi pour des réformes constitutionnelles sur la table de l’Assemblée nationale.

Il faut faire les réformes constitutionnelles et institutionnelles avant la prochaine élection présidentielle prévue en mars prochain. Jean-Pierre Fabre et ses alliés le martèlent à toutes les occasions. Et pour les obtenir, ils comptent sur la mobilisation populaire qui selon le principal chef de l’opposition doit « s’amplifier, s’étendre et se généraliser ». De même, Brigitte Adjamagbo, présidente et porte-parole de Cap 2015, alliance électorale de l'opposition en vue de la présidentielle (Combat pour l’alternance politique en 2015), rappelle au président Faure Gnassingbé ses engagements au micro de RFI. « Nous voulons rappeler au président Faure qu’il a pris des engagements de faire des réformes depuis 2006. Nous constatons également que le régime lui-même a publié le résultat d’une enquête qui a été menée récemment au Togo et [selon laquelle] 85% des Togolais veulent que les réformes pour lesquelles le pouvoir s’est engagé en 2006 soient enfin faites. Nous pensons que le président de la République ne peut pas ramer à contre courant de la volonté du peuple et nous lui demandons de respecter l’engagement pris et de faire les réformes maintenant, avant la prochaine échéance électorale ».

Une commission de réflexion dans les prochains jours

Quelle que soit l’issue de la proposition de loi déposée par l’opposition, Faure Gnassingbé veut « dépasser les contingences immédiates pour ouvrir un vaste champ de réformes politiques en profondeur » en mettant en place dans les prochains jours une commission de réflexion. Cette commission sera composée de personnalités politiques, de sociologues, d’historiens, de juristes et de représentants de la société civile. Sa mission, proposer dans les meilleurs délais un texte de réforme politique qui prenne en compte les réalités historiques et des aspirations profondes des Togolais.

La commission devra travailler sur la limitation des mandats, le mode de scrutin à deux tours, la gouvernance et bien entendu des institutions fortes et crédibles. « Ce qu’il propose n’est ni plus ni moins qu’un échappatoire et une façon de noyer le poisson » assène Brigitte Adjamagbo. « Il faut d’abord faire les réformes constitutionnelles ; il faut voir dans quelle mesure on peut mettre en place les conditions d’élections transparentes et c’est seulement après ça que les élections pourront avoir lieu ».

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