RDC: vers un recours à la force pour désarmer les FDLR ?

Des soldats de l'ONU inspectent des armes des FDLR dans un camp de désarmement.
© AFP PHOTO/JOSE CENDON

Ce vendredi 2 janvier 2015 sonnait la fin officielle de l'ultimatum en République démocratique du Congo pour permettre le désarmement volontaire des FDLR. Tous ceux qui ne respectent pas l’ultimatum s’exposent à un désarmement forcé mené lors d'opérations militaires conjointes de l'armée congolaise et de la brigade d'intervention de la Monusco. Aujourd'hui, ils sont moins de 400 combattants sur 1.500 à 3.000, selon les estimations, à avoir déposé les armes.

Les envoyés spéciaux pour les Grands lacs ont haussé le ton et appelé la Monusco et l'armée congolaise à prendre toutes les mesures pour désarmer les FDLR par la force. Les émissaires de l’ONU, de l'Union européenne, de l'Union africaine, des Etats-Unis, de la Belgique et le patron de la Mission onusienne au Congo, Martin Kobler, sont formels : les FDLR n'ont pas laissé d'autres choix à la communauté internationale que de suivre l'option militaire. Ces opérations doivent être lancées dès à présent par l'armée congolaise, expliquent-ils, avec le soutien de la Monusco et de sa brigade d'intervention.

Le gouvernement congolais va-t-il tenir parole de désarmer de force les FDLR ? Oui, assure François Mwamba, coordonnateur congolais chargé du suivi de l'accord-cadre d'Addis-Abeba censé ramener la paix dans l'est de la RDC. « Dès le mois d’octobre 2013, le président de la République, Joseph Kabila avait appelé toutes les forces négatives, y compris les FDLR, à déposer les armes volontairement. C’est une position qui a été entérinée au niveau régional. La CIRGL et la SADC ont décrété un ultimatum précis, le 2 janvier 2015. Nous y sommes et le constat est fait que rien ne s’est passé de significatif. Cette force négative a continué à s’entêter et à poser des conditions alors qu’elle n’est pas en situation de pouvoir le faire. Par conséquent, il est prévu que l’on procède à un désarmement forcé. »

Le coordonnateur congolais n’était par contre pas en mesure de fournir un calendrier précis. « Ce sont des opérations militaires et donc par conséquent, ce sont les militaires qui en ont l’initiative. C’est une question de programmation et de planification des opérations. A partir de ce moment là, moins on communique, mieux ça vaut. »

L'option militaire, une erreur pour le président des FDLR

Pour le président des FDLR, Victor Biryingiro, le choix de l'option militaire est une erreur. Il faut laisser les FDLR poursuivre leur désarmement volontaire mais aussi faire pression sur Kigali pour ouvrir l'espace politique et leur permettre de rentrer au pays en tant que parti politique. « On devrait faire pression sur le régime de Kigali pour que nous puissions décrocher une place politique libre, démocratique et organiser un dialogue entre les Rwandais pour que l’on tranche tous les problèmes et que le pays soit gouverné démocratiquement », explique Victor Biryingiro, interrogé par RFI.

« Or la communauté internationale n’est pas partante pour ça, donc elle ne fait que protéger Kigali ou bien c’est Kigali qui fait pression sur la communauté internationale. En tout cas, tout cela fait des victimes innocentes : les militaires membres des FDLR qui suivent le processus de désarmement et les civils qui sont des réfugiés. »