Mali: au moins huit morts dans l’attaque contre un camp de l’armée

Une patrouille de l'armée malienne à Kidal, à l'été 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Au Mali, au moins huit personnes ont été tuées ce lundi 5 janvier à Nampala, au sud de Tombouctou, près de la frontière mauritanienne. C’est une position de l’armée malienne qui a été visée. Le groupe armé ne s’est pas encore identifié, mais plusieurs sources, contactées par RFI, sont formelles en affirmant qu’il s’agit de «groupes terroristes».

Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ? Ansar Dine ? Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ? Les assaillants ne sont pas encore formellement identifiés, mais toutes nos sources le confirment : il s'agit de « groupes terroristes ».

Ils sont arrivés lundi, au saut du lit, dans la localité malienne de Nampala, située au sud de Tombouctou. Arrivés du côté est de ce bourg, ils ont garé leurs véhicules pour rentrer à pied dans la ville, prenant le Sud-Est, où se trouve un camp militaire à l’intérieur duquel habite le préfet de la ville.

Il y a eu, tout d’abord, l’effet de surprise. En rafales, des coups de feu sont tirés. Dans un premier temps, l’armée malienne a été obligée de battre en retraite. Ensuite, les assaillants se sont dirigés vers l’école publique de Nampala avant de terroriser la population, notamment dans le domicile du maire.

Alors qu’un renfort de l’armée malienne venait du Sud, les assaillants ont quitté la localité. Entre-temps, des avions de chasse de l’opération française Barkane avaient survolé Nampala, menaçant d’intervenir.

Le bilan de l’attaque fait état d'au moins huit personnes - habillées en tenue militaire - tuées et de plusieurs blessés. Lundi soir, le calme est revenu à Nampala.

L'armée malienne doit revoir sa stratégie

C’est la première fois depuis l’intervention française de janvier 2013 que des groupes qualifiés de « terroristes » mènent une attaque bien au sud de la ville de Tombouctou, c’est-à-dire au centre du Mali. La facilité avec laquelle l’attaque a été menée a surpris.

Ensuite, Nampala est une localité située non loin de la frontière avec la Mauritanie où se trouve une forêt communément appelée la forêt de Ouagadou. Les observateurs croyaient la zone sécurisée. Ce n’est visiblement pas le cas.

Autre explication concernant mode d’action des assaillants : ils n’avaient probablement pas l’intention de prendre le contrôle de la localité de Nampala et de rester sur place, mais d’y mener un raid et de repartir. Ils multiplient ainsi sur le terrain leur stratégie depuis qu’ils ont été chassés des principales localités du Nord. Il s’agit de la guérilla, d'embuscades, bref de la guerre asymétrique.

Au Nord comme ailleurs sur le territoire national, la guerre contre le terrorisme est donc loin d’être gagnée. L’armée malienne en reconstruction doit revoir sa stratégie, estiment les mêmes observateurs. L’armée malienne, mais aussi et surtout les casques bleus de l’ONU. Aujourd’hui ils n’ont pas tous les moyens nécessaires pour faire face à la situation.

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