RCA : la transition repoussée officiellement de six mois

La présidente Catherine Samba-Panza s'adresse aux membres du Conseil national de transition, à Bangui, le 20 janvier 2014.
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La fin de la transition en Centrafrique est officiellement repoussée au mois d'août 2015, ce qui revient à six mois supplémentaires. Elle aura donc duré deux ans. Cela faisait déjà un certain temps que l'idée d'un report avait pris corps, mais il manquait l'accord formel du médiateur Denis Sassou Nguesso pour que la décision prenne effet. Le président congolais a marqué cet accord dans une lettre qu'il a envoyée aux trois têtes de la transition.

Les retards s'accumulant dans les préparatifs des élections, il était clair - depuis plusieurs mois - que l'échéance de février 2015 était devenue impossible à tenir.

Le 11 novembre dernier, le Groupe International de contact sur la Centrafrique a estimé que la transition devait être étendue de six mois. Cette demande a ensuite été relayée auprès du médiateur par les trois têtes de la transition - la présidente Catherine Samba Panza, le président du CNT Alexandre Ferdinand Nguendet et le Premier ministre Mahamat Kamoun - qui lui ont adressé un courrier conjoint en ce sens. La lettre a été remise à Denis Sassou Nguesso le 24 novembre dernier par le Premier ministre Mahamat Kamoun, reçu en audience à Oyo.

Les lettres que Denis Sassou Nguesso a adressées, en réponse, sont datées du 22 décembre (lettres à consulter ici). Le président congolais estime à son tour que « l'échéance électorale de février 2015 n'étant plus tenable [...] il y a lieu de procéder à une extension de six mois de la transition. En d'autres termes jusqu'au mois d'août 2015 », a-t-il précisé.

Denis Sassou Nguesso évoque la nécessité d'empêcher un « vide constitutionnel » et dit partager le souci de Catherine Samba Panza de « parachever le processus lancé à Brazzaville, avec l'organisation du forum de Bangui, l'élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections ».

Pourquoi s'en être remis au président congolais ? Tout simplement parce que c'est ce que les textes prévoient. La charte de transition - qui organise à l'heure actuelle les pouvoirs en Centrafrique - stipule dans son article 102 que la durée de la transition peut être portée de 18 à 24 mois sur « avis conforme du médiateur ».