Le trafic d'êtres humains: un «business» très rentable

Les Erythréens enlevés sont séquestrés dans des «maisons de torture», en général une cave, où ils vivent enchainés les uns aux autres pendant plusieurs mois.
© © Cécile Allegra

450 migrants sauvés par la marine italienne ce vendredi, deux jours après une opération qui en avait sauvé près de 800. Et une nouvelle tragédie évitée de justesse : l'équipage de l'Ezadeen, intercepté par la marine, avait abandonné le navire qui filait à plein vitesse vers les côtes. Cette traite d'êtres humains est extrêmement rentable pour le crime organisé.

7 milliards de dollars par an, c'est que rapporterait le trafic de migrants de l'Afrique vers l'Europe et de l'Amérique du sud vers l'Amérique du Nord selon une récente estimation des Nations unies.

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05-01-2015 - Par France Info

Pour la criminalité organisée ces êtres humains sont une marchandise comme la drogue ou les armes. Et l’argent est là, à chaque étape d’un exode qui peut durer plusieurs années. Les sommes versées aux passeurs varient : 12.000 dollars pour un passeport et un billet d'avion, 800 euros pour passer une frontière en camion, 3 000 pour une traversée aléatoire de la méditerranée, ce ne sont que des exemples.

Le drame des Erythréens

Il y a pire : ces dernières années un sanglant business s’est développé dans le Sinaï, où des réfugiés érythréens sont vendus par leurs passeurs à des bédouins. Ces derniers les torturent pour que les familles installées en Europe payent plusieurs dizaines de milliers d'euros de rançon. Ceux qui payent continuent le voyage, les autres finissent dans des charniers.

A leur arrivée en Europe les migrants restent une manne pour les mafias. Notamment dans le secteur agricole où il sont exploités dans des conditions proches de l'esclavage. Mais la justice italienne s'est aussi saisie de plusieurs affaires liées à la gestion opaque de centres de rétention.

L'ONU souligne que ce trafic est d'autant plus florissant que les risque encourus par les criminels sont minimes.

L'Ezadeen et les 360 migrants clandestins qui se trouvaient à son bord sont arrivés, vendredi 2 janvier au soir, dans le port italien de Corigliano. © REUTERS/Antonino Condorelli