L’avancée de Boko Haram au Nigeria inquiète la population au Cameroun

L’avancée de Boko Haram au Nigeria inquiète la population au Cameroun et notamment dans les rues de la capitale, Yaoundé.
© wikipedia

Depuis dimanche dernier, les forces nigérianes ont perdu la base militaire internationale de Baga, l'un des derniers verrous dans la région, face à la progression des jihadistes de Boko Haram. Cette nouvelle n'a pas été sans agacer au Cameroun voisin, pays où après le Nigeria, la secte islamiste commet le plus de forfaits. Dans les rues de Yaoundé, l'inquiétude est montée après cette nouvelle désertion.

L’annonce de la prise de la base militaire de Baga par Boko Haram au détriment de l’armée nigériane en a désarçonné plus d’un. Dans les rues de Yaoundé, l’heure est à l’incompréhension et à l’exaspération : « Franchement, c’est honteux pour le Nigeria. Je vous le dis sincèrement, c’est honteux pour le Nigeria. Ils ne sont pas capables de contenir un petit groupe de brigands », explique un passant.

Sur les ondes des radios locales, le débat n’en finit plus. Les interrogations fusent et l’inquiétude grimpe face aux conséquences de la désertion de l’armée nigériane. Les uns et les autres voient d’un mauvais œil le renforcement de la logistique et des positions de Boko Haram, un ennemi qui oppose un face-à-face sanglant aux forces de défense camerounaises dans l’extrême nord du pays : « Le fait que Boko Haram se retrouve aujourd’hui en territoire camerounais et face à l’armée camerounaise seule, est-ce que quelque part ce n’est pas une certaine façon de lui refiler un bébé qui ne lui était pas destiné au départ ? Ça, ce sont des choses qui sont très inquiétantes », s’interroge un Camerounais.

Un habitant de Yaoundé s'emporte : « C’est par rapport à quoi ? C’est le pétrole ? Non. C’est les terres ? Non. Qu’est-ce qu’ils discutent ? Rien du tout. On veut juste qu’ils partent de notre pays. On n’a aucun problème avec eux. Ils ont leurs problèmes avec leur gouvernement, qu’ils gèrent ça avec leur gouvernement ! »

Les interrogations sont pour l’heure sans réponse et les nouvelles du front tous les jours peu rassurantes.

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