Au centre du Mali, la forêt du Wadagou intéresse de nouveau Aqmi

Soldats maliens en position dans la forêt de Wagadou, au nord-ouest du Mali, en 2011.
© © Serge Daniel/RFI

En 48 heures cette semaine, Aqmi a quitté ses bases situées dans le nord du Mali pour descendre vers le centre. Deux localités ont été attaquées. Plusieurs militaires maliens ont été tués et une mairie brûlée. Il semble que la stratégie d'Aqmi et de ses alliés soit d'opérer au centre du Mali, avec créant une base dans cette forêt communément appelée la forêt du Wagadou.  

Située au centre du territoire malien à environ 70 km de la frontière mauritanienne, la forêt du Wagadou est plutôt vaste. Elle s’étend sur plus de 80 km de longueur et 40 km de largeur. En 2011, les combattants d’Aqmi s’y étaient déjà installés avant d’être difficilement délogés par l’armée mauritanienne avec l’appui de militaires maliens. Les islamistes tentent aujourd’hui d’y implanter une nouvelle base, c’est le sentiment de plusieurs sources administratives et sécuritaires.

Cette semaine, après avoir attaqué une localité du centre du Mali, les combattants d’Aqmi se sont, selon des témoins, réfugiés au sud de cette forêt. « Nous sommes très inquiets ! La ville de Dioura, que les islamistes ont attaquée ce mercredi, est située à 60 km de la forêt du Wagadou » explique à RFI un élu de la localité. Une autre source, sécuritaire cette fois, explique que les combattants d’Aqmi et leurs alliés veulent ouvrir un nouveau front au centre ; non pas pour administrer les villes mais pour mener des opérations ponctuelles en prenant comme point de repli la forêt du Wagadou.

Au ministère malien de la Défense, on affirme prendre l’affaire au sérieux et selon les informations de RFI, une révision du dispositif malien dans le secteur est prévue.