Nigeria: une bombe fixée sur une fillette explose dans un marché

Ce n'est pas la première fois qu'un attentat sanglant frappe les marchés de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno (nord-est du Nigeria). Le 1er juillet 2014, au moins quinze personnes ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée.
© AFP PHOTO/STRINGER

Au moins 20 personnes ont péri samedi lorsqu'une bombe artisanale fixée sur une fillette d'une dizaine d'années a explosé dans un marché bondé de Maiduguri, grande ville du nord-est du Nigeria, dans l'Etat de Borno, a annoncé la police locale. 18 personnes ont par ailleurs été blessées. L'explosion s'est produite vers 12h40. Un attentat dont le groupe islamiste Boko Haram est une nouvelle fois suspecté. 

Les violences se multiplient au Nigeria à l'approche de la présidentielle, prévue en février. Le bilan est très lourd. L'attentat à Maiduguri dans le nord-est du Nigeria, une région où Boko Haram a déjà multiplié les attaques, a été perpétré à la mi-journée. Une bombe artisanale déclenchée sur un marché bondé. La bombe était fixée sur une fillette de seulement 10 ans.

Une fille est arrivée au marché et lorsque les policiers ont voulu la fouiller, elle a refusé. Ils ont fait alors une nouvelle tentative ne sachant pas ou ne comprenant pas qu'elle portait un engin explosif. Et c'est alors que cet engin à explosé. 20 personnes ont été tuées et dix-huit autres blessées. Voilà ce qui s'est passé. Ce n'est pas la première fois que des choses comme ça se produisent et c'est pour cela que les policiers étaient vigilants. Ils voulaient la fouiller parce qu'ils trouvaient étrange la façon dont elle bougeait. Elle a résisté et sa bombe a explosé. Franchement, je n'ai pas de renseignement précis sur son identité ou sur son âge. Tout ce que je sais c'est qu'il s'agissait d'une fille.
Clement Aduda, le chef de la police de l'Etat de Borno au Nigeria où s'est produit l'attentat
10-01-2015 - Par RFI
par Rosie Collyer, de la rédaction anglaise de RFI

Un peu plus tard, à une centaine de kilomètres de Maiduguri, dans la ville de Potiskum, dans le nord-ouest du pays, au moins un policier a été tué par l'explosion d'une voiture à l'entrée d'un commissariat. Le véhicule « se trouvait aux portes du commissariat pour un contrôle de sécurité », indique la police. 

La ville de Potiskum a déjà été visée par des attentats menés par le groupe Boko Haram, qui ravage le nord-est du Nigeria depuis 2009, notamment en novembre dernier, où au moins 48 élèves ont été tués dans un collège de Potiskum. 

« Des milliers de morts »

Les attaques récentes de Boko Haram contre les villages du lac Tchad — 16 villages ont été rasés dont Baga, siège de la Force commune Niger, Nigéria et Tchad —, auraient fait des centaines de morts. Amnesty Internationale n'exclut pas un bilan de 2 000 victimes. Ce sont en tous cas les attaques les plus meurtrières perpétrées ces derniers mois par la secte radicale. Pour le porte-parole d'Amnesty Internationale Francis Perrin, il est temps que la Cour pénale internationale (CPI) se saisisse du cas Boko Haram. 

La gravité de ces violations des droits humains mérite l'attention de la CPI.
Francis Perrin, porte-parole d'Amnesty Internationale
10-01-2015 - Par Olivier Rogez

« La gravité de la situation, sa durée, cela dure depuis plusieurs années, les responsabilités de Boko Haram dans cette escalade sanglante contre la population civile avec très probablement des milliers de morts sur plusieurs années, le comportement des forces de sécurité qui est tout à fait contraire aux droits de l'homme, le fait que la population civile n'ait plus aucun recours effectif même s'il y a des recours théoriques, nous semblent des critères de nature à mériter l'intérêt de la communauté internationale dans son ensemble. Et la gravité de ces violations des droits humains mérite l'attention de la CPI. »

A Washington, le Département d'Etat a fermement condamné « la récente escalade des
attaques contre des civils 
». Boko Haram « ne montre aucun respect pour la vie
humaine
 », a déclaré à l'Agence France-Presse la porte-parole de la diplomatie américaine, Jennifer Psaki, samedi 10 janvier. Elle a exhorté « le Nigeria et ses voisins à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à la menace de Boko Haram » et encouragé Abuja à organiser des élections générales « pacifiques et crédibles », dont la tenue est prévue à partir du 14 février.