Marche républicaine à Paris: l’Afrique représentée au plus haut niveau

Les présidents français et malien, fin 2013 à l'Elysée, à Paris.
© AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Près d'une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus ce dimanche 11 janvier 2015 à Paris. Il s'agit, pour eux, de condamner les tueries des derniers jours, qui ont fait 20 morts en France dont les trois agresseurs. Parmi les leaders attendus, plusieurs seront des Africains. Au moins six leaders du continent ont répondu présent, dont le Malien IBK, deux ans jour pour jour après le lancement de l'opération Serval.

Les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, béninois Boni Yayi, togolais Faure Gnassingbé et sénégalais Macky Sall, sont aujourd'hui ce dimanche à Paris pour battre sur le pavé. Il y a aussi le Nigérien Mahamadou Issoufou, allié majeur de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans la libération d'otages français ces derniers mois. Le Tchad et l'Algérie, autres partenaires de Paris dans cette guerre contre le jihadisme au Sahel, sont pour leur part représentés par leur Premier ministre.

Poursuivre le combat dans le Sahel

Malgré l'implication française et onusienne, le Sahel continue d'abriter des foyers nourris du terrorisme, susceptibles de déstabiliser les Etats de la région et de devenir des zones d'entraînement pour les apprentis jihadistes européens. Aussi la venue à Paris du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui a été l'un des premiers chefs d'Etat africains à annoncer sa participation, est-elle un symbole fort. D'autant qu'il y a deux ans exactement, la France intervenait militairement au Mali pour stopper l'avancée des jihadistes vers le sud du pays. IBK a déclaré à RFI que sa venue était « un devoir élémentaire de solidarité ».

A Bamako, la décision du président de se rendre en France est plutôt saluée. L'homme de la rue rappelle que des militaires français sont morts pour le Mali dans la lutte contre les groupes terroristes et l’intervention militaire française de 2013 dans le nord du Mali est avancée comme un argument majeur pour justifier le déplacement du président IBK à l'occasion de cette marche, alors que la France est aujourd’hui visée.

Quelques critiques sur la démarche d'IBK

La France est aujourd’hui visée pour la lutte qu’elle mène contre les groupes terroristes, dans le nord du Mali et ailleurs. Indignés, solidaires, au sein du gouvernement comme dans l’opposition, dans le nord comme dans le sud du pays, tous demandent à la France de tenir et de poursuivre son combat. Les soldats de la force Barkhane sont aujourd’hui un millier au Mali, 2 000 dans les pays voisins du Sahel. Si les opérations françaises ont clairement permis de réduire la force de frappe des groupes jihadistes, qui avaient occupé le nord du Mali pendant près d’un an en 2012, la menace terroriste est loin, très loin même, d’être éradiquée. Dans le nord du Mali, les attaques terroristes sont quotidiennes. Plusieurs villes ont été ciblées cette semaine ; des bâtiments publics ont été saccagés à Djoura, sept casques bleus ont été blessés à Kidal et des tirs ont retenti à Tenenkou.

De facto, deux ans après le début de Serval, Paris et Bamako font plus que jamais face au même ennemi. Mais quelques critiques quand même accompagnent la venue d'IBK. Récemment, au centre du Mali à Nampala, une dizaine de militaires du pays ont été tués. A Bamako, certains estiment que le président aurait dû se déplacer sur les lieux pour leur rendre hommage. Autre remarque entendue au sujet du déplacement d'IBK : « Il va participer à une marche en plein Paris. Peut-être faut-il qu’il envisage de prendre ici la tête d’une autre marche pour dire non au terrorisme et oui à l'unité nationale... »