Annulation du sommet de Luanda sur la RDC: réactions contrastées

La photo montre un hélicoptère d’attaque de la Force de la MONUSCO, assurant une protection aérienne et terrestre d’un convoi d’ex-combattants FDLR, pour leur enrôlement au camp de transit de Kanyabayonga.
© Photo MONUSCO/Force

Le ministre des Affaires étrangères de l’Angola avait annoncé sur RFI un sommet de la CIRGL et de la SADC pour la mi-janvier, sommet confirmé par le président sud-africain, il y a tout juste une semaine. Finalement, cette rencontre, qui devait confirmer l’option militaire contre la rébellion hutu rwandaise des FDLR sur laquelle insiste le Conseil de sécurité a été annulée par Luanda qui dit laisser la main à l’ONU. La première réaction à cette annulation est venue du Rwanda. Sur son compte twitter la chef de la diplomatie rwandaise a salué la décision de l'Angola.

« Le président Dos Santos se soucie vraiment et comprend la valeur de la stabilité régionale », s’est en effet réjouie sur Twitter dès vendredi, Louise Mushikiwabo. La ministre rwandaise des Affaires étrangères qui, la veille, dans les colonnes du New Times  avait estimé que le sommet de Luanda était une « perte de temps et d’argent » et qu’il fallait agir contre les FDLR.

Le Rwanda et l’Angola se sont rapprochés ces derniers mois. Un rapprochement couronné par la visite en Angola en décembre du président rwandais Paul Kagamé. Une rencontre qualifiée d’ « historique » par le chef de la diplomatie angolaise. Le gouvernement congolais avait-il été averti, comme Kigali de l’annulation du sommet ? Toujours est-il que ce même vendredi, il avait été évoqué lors d’une conférence de presse par Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Hier soir à Kigali, face à quelques journalistes, le patron de la Monusco, Martin Kobler, n’évoquait pas l’annulation du sommet, le qualifiant simplement d’incertain. M. Kobler a toutefois martelé que la Monusco était prête et que les opérations militaires contre les FDLR pourraient commencer dès le feu vert de Kinshasa.

Mécontentement sud-africain

Du côté de Pretoria, on ne cache pas son mécontentement et l’on demande des explications à Luanda. L’Afrique du Sud est membre de la SADC accusée - comme la RDC - par Kigali de tout faire pour éviter les opérations contre les FDLR.

Outre l’Afrique du Sud, la Tanzanie qui est membre de la SADC et fournit des troupes à la brigade de l’ONU en RDC, est accusée par Kigali de parti pris envers la rébellion hutu rwandaise. Samedi, dans les colonnes du journal The East African Bernard Membe, le ministre Tanzanien des Affaires étrangères a estimé que son pays n’était pas prêt à s’engager dans des opérations militaires immédiates contre les rebelles si les populations civiles rwandaises parmi les FDLR n’étaient pas clairement identifiées et protégées.