Sénégal: suite du procès de Karim Wade sans ses avocats

Karim Wade est poursuivi devant la cour de répression de l'enrichissement illicite, qui s'est déclarée compétente pour juger l'ancien ministre.
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Au Sénégal, Karim Wade, ancien ministre et fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, est à nouveau devant ses juges. Il est accusé d’avoir illégalement acquis 178 millions d’euros par le biais de montages financiers complexes. Mercredi a été une journée mouvementée à la cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei) à Dakar. Suite à un échange verbal avec le président de la cour, un des avocats de la défense s’est fait expulser manu militari. Ce jeudi matin, les audiences ont repris.

La reprise est plus calme, mais ce matin à l’audience, les défenseurs de Karim Wade sont absents suite à l’expulsion mercredi de maître Amadou Sall. Ils ont prévenu, ils ne reviendront pas avant d’avoir obtenu des garanties de libre exercice.

Henri Grégoire Diop, le président de la Crei, a demandé à Karim Wade s’il avait choisi de nouveaux avocats. « Impossible de les remplacer au pied levé, a répondu l’ancien ministre, surtout dans un dossier de 50 000 pièces ». Mais le président de la cour a alors affirmé qu’il avait reçu hier soir et ce matin des requêtes des avocats de la défense.

Il a donc conclu que Karim Wade continuait d’être bel et bien représenté, avant d’appeler un témoin à la barre. Ce témoin a commencé à répondre aux questions du procureur spécial alors qu’il n’y a pas un seul avocat de la défense dans la salle.

Mercredi soir, un rassemblement devant le siège du Parti démocratique sénégalais (PDS), parti d’Abdoulaye Wade, a été dispersé sans ménagement par les forces de l’ordre qui ont même fait des dégâts à l’intérieur du bâtiment. Le PDS a porté plainte et compte manifester la semaine prochaine. A noter enfin, cette caricature du journal La Tribune ce jeudi matin, qui montre un manifestant du PDS avec un panneau « Je suis Karim ».