Mauritanie: condamné par la justice, Biram ould Dah ould Abeïd fait appel

Biram ould Dah ould Abeïd, candidat à la dernière présidentielle et leader de la jeunesse haratine anti-esclavagiste, ici le 19 juin 2014, à Nouackchott.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Le tribunal de Rosso a condamné, ce jeudi, Biram ould Dah ould Abeïd à deux ans de prison ferme, tout comme deux autres responsables de l'IRA. Ce verdict a été accueilli par la colère des militants de l'ONG anti-esclavagiste devant le tribunal. Les autres prévenus ont été relaxés.

Le tribunal de Rosso a condamné Biram ould Dah ould Abeïd, Brahim Billal et Djiby Fow à deux ans de prison ferme. Les autres prévenus ont été relaxés. La justice a retenu contre eux un seul chef d'accusation : « offense et désobéissance à la force publique ». Le candidat à la dernière présidentielle, leader de la jeunesse haratine anti-esclavagiste, était jugé pour appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, et violence contre la force publique. Le procureur de la République avait requis cinq ans de prison.

Maître Brahim ould Ebetty
16-01-2015 - Par Christine Muratet

Pour l'avocat de Biram, Maître Ebetty, la justice a condamné sans preuve. Cette condamnation est considérée comme un recul des libertés en Mauritanie. Le verdict est particulièrement sévère, estime la vice-présidente de l'IRA, Coumab Kane, qui ne cachait pas sa colère hier à la sortie du tribunal.

« Le verdict est arbitraire et politique, estime-t-elle. C'est une décision très grave parce que le dossier est vide. Ils n'ont rien fait. Parce qu'haratine combat l'esclavage en Mauritanie, les gens veulent le casser, et l'ont condamné à de la prison ferme. On va manifester pacifiquement. »

Les nombreux militants, qui étaient venus suivre le verdict de ce procès, ont donc manifesté leur mécontentement à la sortie du tribunal. Selon des témoins sur place, les forces de l'ordre ont lancé des gaz lacrymogènes. Au moins deux personnes ont été gravement blessées.

Biram aurait lui aussi été blessé par des éclats de pare-brise alors que le véhicule qui le ramenait en prison a été pris à partie par les manifestants. La défense a décidé de faire appel de la condamnation.