Burundi: révélations chocs 4 mois après la mort de religieuses italiennes

Entrée du petit couvent où ont été tuées les trois religieuses italiennes, à Bujumbura
© RFI/Esdras Ndikumana

Le 7 septembre 2014, dans la nuit à Kamenge au nord de la capitale burundaise, trois sœurs italiennes très âgées avaient été assassinées sauvagement au Burundi alors qu’elles étaient dans leur couvent. Ce crime avait suscité l’horreur dans tout le pays. Très vite, la police avait arrêté et écroué un homme présenté comme leur assassin. Mais depuis trois jours, c’est le choc après les révélations de la Radio publique africaine.

Au Burundi, la station la plus écoutée dans le pays et réputée proche de l’opposition a fait des révélations chocs sur l’affaire de l’assassinat de plusieurs religieuses italiennes. Radio publique africaine (RPA) a mis en cause dans ce dossier l’un des hommes les plus puissants du pays, le général Adolphe Nshimirimana, chef de la Documentation nationale, la police présidentielle, jusqu’à récemment, et aujourd’hui chargé de mission à la présidence. Un homme toujours influent.

Depuis trois jours donc, la vie s’arrête à Bujumbura à 12h30 locale, l’heure à laquelle la RPA passe son journal en kirundi, la langue nationale du pays. Taxis, vélos, fonctionnaires, vendeurs à la sauvette, et même des policiers chargés de régler la circulation, tous ont l’oreille collée sur un téléphone ou une radio. Tous suivent passionnément cette information que cette station révèle, épisode après épisode, sur sa version de l’assassinat de trois religieuses italiennes il y a quatre mois dans un quartier du nord de Bujumbura.

Des informations données vraisemblablement par un membre du commando

Tout se serait tramé dans un bar-restaurant appartenant au général Adolphe Nshimirimana alors qu’il dirigeait encore les services secrets burundais. Cet homme, un des piliers du pouvoir du président Pierre Nkurunziza, aurait accueilli personnellement le commandant chargé d’exécuter les vieilles religieuses, dans ce bistro qui lui sert de quartier général, avant de se retirer juste au moment où ces hommes recevaient leurs ordres.

Les preuves que présente la Radio publique africaine consistent surtout dans l’enregistrement d’un homme, présenté comme faisant partie de ce commando, qui dit craindre pour sa vie et qui se cache depuis. Les membres du commando auraient accepté cette mission, dit-il, pour quelque 50 000 euros.

Quel serait le motif de ces crimes, pourquoi ce général tout puissant aurait-il fait appel à des gens qu’il ne contrôlait pas totalement ? Tout le monde attend patiemment le prochain numéro et les réponses à toutes ces questions. Le général Adolphe Nshimirimana, lui, refuse de s’exprimer jusqu’ici.