RCA: une ressortissante française kidnappée à Bangui

Le religieux centrafricain et la ressortissante française ont été enlevés alors qu'ils circulaient en voiture dans le nord de la capitale centrafricaine.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

En République centrafricaine, deux personnes dont une ressortissante française, travaillant pour l'ONG médicale catholique CODIS, ont été kidnappées ce lundi matin 19 janvier, à Bangui. Des tractations sont en cours pour leur libération. Les ravisseurs sont des proches du général Andilo, un chef anti-balaka arrêté samedi dans la localité de Bouca. Ils réclament la libération de ce chef de guerre interpellé par la force de l'Onu en RCA, la Minusca.

Il est environ 9h ce lundi matin. Un véhicule blanc siglé CODIS (Coordination diocésaine de la santé) traverse Bangui. A son bord, deux religieux centrafricains et une Française. Ils reviennent d'une mission dans une localité située sur la route de Damara. Avant d’arriver au quartier Gobongo, quatre hommes en armes se dressent devant le véhicule et le forcent à s'arrêter. L'un des religieux, le frère spiritain Elkanna, est aussitôt relâché, mais les quatre hommes repartent avec la Française, une femme de 67 ans, et l'autre religieux, le frère Gustave, en direction de Boy-Rabe, un quartier de Bangui, devenu le bastion des anti-balaka.

Très vite alertées, les autorités centrafricaines et françaises tentent de comprendre la raison de ce kidnapping. Il apparait que les ravisseurs sont des partisans d'un chef anti-balaka, le général Andilo. Ce dernier, recherché par la justice, est accusé d'avoir commis de nombreuses exactions dans la capitale, notamment contre les musulmans en décembre 2013. Le procureur de Bangui a précisé qu'il serait poursuivi pour assassinat, associationde malfaiteurs, viols et pillages. Il avait fuit Bangui, mais il a été arrêté samedi dernier dans la localité de Bouca par la Minusca, la force onusienne déployée en RCA.

Libération en échange d'Andilo

Depuis son arrestation, les anti-balaka de Bangui sont sur les dents. Dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d'armes automatiques ont retenti dans le quartier de Boy Rabe. Une personne a été tuée, tandis qu'un Français, qui traversait le quartier en voiture, a essuyé des tirs sans gravité. La coordination des anti-balaka, l'aile politique du mouvement, a dénoncé l'arrestation d'Andilo. il y a quelques mois, quatre chefs anti-balaka avaient déjà été arrêtés, provoquant là aussi des mouvements d'humeur au seinde la mouvance. Appuyée par la communauté internationale, la justice centrafricaine semble décidée à mettre au pas les milices responsables de l'insécurité en RCA, et notamment à Bangui.

Les hommes du général Andilo réclament la libération d'Andilo en échange de celle de la Française et du religieux centrafricain. C'est l'archevêché de Bangui qui mène les négociations pour sa libération. Eles ont failli aboutir dès ce lundi soir mais alors que les négociateurs s'apprêtaient à récupérer les otages, un responsable anti-balaka - le frère du général Andilo - a changé d'avis sans que l'on en comprenne les raisons.

C'est la première fois qu'une ressortissante française est kidnappé en RCA depuis le déclenchement de la crise en 2013.