FIPA 2015: Ouverture du Festival international de la télévision

Détail de l'affiche officielle du 28e Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz, du 20 au 25 janvier 2015.
© DR

Ce mardi 20 janvier, le 28e Festival international de programmes audiovisuels de Biarritz ouvre ses portes au grand public et aux 2 000 professionnels attendus. Le Fipa a sélectionné les meilleurs films de la télévision qui arriveront bientôt sur nos petits écrans et le 24 janvier, le Festival décernera ses Fipas d’or, les Palmes d’or de la télé.

Le Fipa, c’est la télé qui voit grand. C’est alors sur grand écran que les 120 fictions, séries et feuilletons, documentaires et grands reportages seront projetés à Biarritz, dont 65 en compétition. Au seul festival qui défend tous les genres de la création audiovisuelle internationale, il y aura aussi bien la très attendue série Wolf Hall du Britannique Peter Kosminksy sur l’ascension fulgurante de Cromwell à la cour des Tudor qu’un documentaire américain sur Nina Simone de Jeff Liebermann ou le nouveau film de Rithy Pan, La France est notre patrie : « Rithy Pan est un grand auteur, souligne François Sauvagnargues, le délégué général du Fipa. C’est un film sur la colonisation en Indochine, du point de vue du Cambodge. Il a utilisé des archives qu’il a trouvées au Cambodge. C’est un film original dans sa production, puisque, en réalité, c’est un film muet. Un film avec des noms sur des cartons et une vision un peu ironique à partir de ces archives, sans aucun commentaire sur la colonisation, le ‘bon’ temps des colonies. »

L'Euro Fipa d'honneur décerné à Chris Chibnall

Sandrine Bonnaire, accompagnée par le chanteur, dévoilera son documentaire sur Jacques Higelin. Marc Lavoine, en tant qu’acteur, représentera à Biarritz la fiction L’Emprise de Claude-Michel Rome. Quant à François Sauvagnargues, le délégué général du Fipa souligne avec fierté d’avoir décroché la présentation d’un épisode inédit de la série culte Broadchurch dont le producteur et scénariste britannique Chris Chibnall recevra un Euro Fipa d’honneur :

« Chris Chibnall est le showrunner de la série phénomène Broadchurch, un très grand succès de ITV en 2013 et de France 2 cette année. Cette série a été vendue dans plus de 120 pays et récompensée par quatre Bafta-Awards. C’est un peu l’archétype de la série policière très bien faite, de qualité anglaise, avec un casting remarquable pour lequel il y avait un black out monté par ITV pour empêcher toute communication sur le programme avant qu’il passe à l’antenne. Donc pour nous c’est une grande première de le montrer à Biarritz. »

L'Afrique présente au 28e Fipa

Les onze fictions en lice pour le Fipa d’or viennent aussi bien de l’Autriche que d’Allemagne en passant par le Japon, Israël, la France, la Suisse ou le Royaume-Uni. Dominik Hartl suit dans Beautiful Girl la découverte des peines, des joies et des désordres de l’amour de Charlotte, 15 ans. Marcial Di Fonzo Bo met en scène Marina Foïs dans Démons où deux couples se déchirent et se domptent. Et Hagai Levi enquête dans Hamekulalim sur la notion d’artiste total dans la culture israélienne.

Between Rings, film finlandais de Salla Sorri et Jessie Chisi sur Esther Phiri, boxeuse de Zambie, qui a gagné sept titres de championne du monde de boxe. © Helmi Films, Finlande

Pour la première fois depuis longtemps, l’Afrique sera bien présente au Fipa, hélas, ne pas encore sous son propre pavillon : « Ce sont des films qui ne sont pas faits par des réalisateurs africains, mais de réalisateurs qui viennent un peu partout, admet François Sauvagnargues. Des films très forts : Rwanda, la vie après, du Belge Benoît Dervaux, aborde le point de vue de femmes violées et surtout la question des enfants du viol. D’autres films évoquent la réconciliation. Et Between Rings, une production finlandaise de Salla Sorri et Jessie Chisi sur la boxeuse zambienne Esther Phiri, c’est aussi un témoignage vraiment intéressant sur les femmes africaines d’aujourd’hui qui ont à la fois la volonté de mener leur vie, vivre par elles-mêmes, d’avoir une carrière, mais qui sont aussi rattrapées par le poids de la tradition au niveau familial. »

Le transmedia et le futur de la télévision

Bien sûr, il y aura également plein d’occasions pour parler et rêver de la télévision du futur à travers d’ateliers et de rencontres autour de l’algorithme, de web-documentaires, du hackathon et de projets transmedia proposés dans le cadre de Fipa Industry et Smart Fip@. La production belge Connected Walls offrira la possibilité d’abattre virtuellement deux des 41 murs-frontières qui existent encore aujourd’hui.Autre exemple, la production française Anarchy modélisera une France en novembre 2014 sortant de l’euro et essayant de ne pas tomber dans le chaos. « Anarchy est une fiction un peu futuriste, remarque le délégué général du Fipa, mais quand vous voyez le battage autour du livre de Michel Houellebecq… Littérature et télévision, c’est un peu le même combat. Ce sont de nouvelles narrations. On n’est pas sur une narration classique, linéaire, mais sur des narrations plus immersives où le rapport du spectateur par rapport au créateur est différent. »

Fleur Pellerin, la ministre de la Culture et de la Communication, participera au débat « Création, télévision, réglementation : quels enjeux en 2015 ? ». À la dernière question, elle avait déjà donné une partie de la réponse en exigeant dimanche dernier de la part de France Télévision de devenir « plus audacieux » pour que la France devienne « une championne internationale de la fiction ». Pour l’instant, on reste loin du compte avait rappelé une lettre ouverte de plusieurs associations de réalisateurs, d’acteurs et de compositeurs de films de télévision et publiée par le Groupe 25 Images : : « la France est tombée au dernier rang européen en volume de création, à la moitié du budget anglais et au tiers de l’allemand… 768 heures de fiction produites en 2013 sur toutes nos chaînes. Une déroute, comparée aux 1250 h produites en Angleterre, 1400 h en Espagne ou 2000 h en Allemagne ».

« Une grande télévision, digne et exemplaire ?! »

Un constat qui risque d’ouvrir un autre débat dans ce temps de disette budgétaire, car avec 133 euros par an, la redevance en France s’affiche également comme la plus basse d’Europe, comparée aux 182 euros au Royaume-Uni, aux 215 euros en Allemagne et 345 euros au Danemark. Pour le Groupe 25 Images, une question s’impose : la France, pays de cinéma par excellence et qui vient d’enregistrer en 2014 la deuxième meilleure année du cinéma français depuis 1967, est-ce qu’elle se donnera aussi les moyens pour « une grande télévision, digne et exemplaire ?! ».

► Lire aussi : Au Fipa, une «Anarchy» transmédia s’empare de la France
► Lire aussi : Rithy Panh: «La France est une de mes deux patries»
► Lire aussi : FIPA 2015: Didier Decoin rêve d’«une télévision à toucher»

►  28e Festival international de programmes audiovisuels à Biarritz, du 20 au 25 janvier 2015.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.