Niger: réunion régionale pour lutter contre Boko Haram sans le Nigeria

Le drapeau du groupe Boko Haram visible au Nigeria de la ville de Bosso au Niger de l'autre côté du fleuve-frontière.
© EC/ECHO/Anouk Delafortrie

Au Niger, une grande réunion régionale contre Boko Haram a débuté à Niamey en présence des représentants de 13 pays de la région du lac Tchad. Au programme, il y a deux tables rondes, celle des ministres des Affaires étrangères et celle des chefs d'état-major avec un objectif déterminer des moyens concrets de lutte contre les terroristes.

Le but affiché de cette réunion est d’empêcher collectivement Boko Haram de déployer sa puissance de feu comme le groupe a pu le faire lors du massacre de Baga, le 3 janvier. Selon Mohamed Bazoum, le ministre des Affaires étrangères du Niger, « ce massacre relève d’un crime contre l’humanité ».

Il s’agit aussi d’enrayer la volonté expansionniste de Boko Haram, en particulier dans la province de l’extrême nord du Cameroun qui a vu les insurgés attaquer des villages et conduire des rapts, pas plus tard que la semaine dernière. Il s’agit donc de renforcer les effectifs et pourquoi pas d’élargir le nombre de pays contributeurs de troupes à la force mixte multinationale. Une force africaine qui pour l’heure est limitée au Nigeria, au Cameroun, au Niger et au Tchad.

Absence notable du Nigeria

Il s’agit enfin de décrocher à terme le soutien logistique et financier de l’ONU pour cette force. Le Cameroun souhaite que ces renforts interviennent en urgence. « La montée en puissance de Boko Haram traduit notre lenteur et notre incapacité à lui opposer une réponse robuste », c’est en ces termes que Niamey, également menacé à ses frontières, a réclamé des actions pour mettre hors état de nuire les insurgés islamistes.

L’opération Boko Haram mobilise plusieurs centaines de personnes : il va falloir donner plus de consistance aux effectifs ; il faut une force plus nombreuse et qui soit en état de se déployer et d’être véritablement opérationnelle… Il faut que le Nigeria (y) contribue à un niveau supérieur… il faut que le Nigeria nous aide.
Mohamed Bazoum: «Il faut que le Nigeria nous aide»
20-01-2015 - Par Nicolas Champeaux

Contrairement aux autres pays, le Nigeria, pourtant concerné en premier lieu, n'a pas dépêché de ministre. Et cela fait grincer des dents à Niamey. Cela illustre ce qui est perçu comme étant un manque d’implication du Nigeria face à Boko Haram. L’armée nigériane ne prend pas vraiment d’initiative, d’offensive contre le groupe qui ne cesse de gagner des pans de territoire. « Le Nigeria doit se ressaisir », a dit un diplomate africain en coulisse. « Il nous faut un partenaire nigérian qui ait envie et qui ait la capacité d’agir », a abondé un diplomate occidental en marge de cette réunion au Niger.