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Zambie

Présidentielle/Zambie: Lungu et Hichilema, les deux rivaux de Lusaka

Les deux candidats à la présidence de la Zambie: le ministre de la Défense, Edgar Lungu (gauche) et le candidat de l’UPND, Hakainde Hichilema (droite).
© AFP PHOTO/CHIBALA ZULU-REUTERS/Rogan Ward

Quatre mois après la mort de leur président Michael Sata, les électeurs zambiens sont appelés aux urnes pour élire un nouveau chef de l’Etat. Parmi les onze candidats à la magistrature suprême, Edgar Lungu, le candidat du parti au pouvoir le Front patriotique (FP) et Hakainde Hichilema du parti de l’Unité pour le développement national (UNDP) sont les deux favoris de l’élection présidentielle. Deux hommes aux parcours très différents, mais carburés par la passion du politique.

La Zambie élit ce mardi 20 janvier son nouveau président. Depuis la disparition en octobre dernier de son cinquième président Michael Sata, en plein exercice de son mandat, le pays est gouverné par un président par intérim. Etant de parents écossais, le président intérimaire Guy Scott ne peut pas, selon la Constitution de son pays, se présenter à l’élection présidentielle. Les Zambiens sont donc appelés aux urnes pour choisir un nouveau président qui ne sera élu que pour dix-neuf mois, le temps de terminer le mandat du feu président Sata. Une nouvelle élection aura lieu en 2016, couplée cette fois avec les législatives.

Les prétendants à la succession de Sata ne manquent pas, mais parmi les onze candidats qui se sont déclarés, seulement deux sortent du lot. Très vraisemblablement, l’un des deux sera le prochain président de l’ancienne Rhodésie du Nord. Le premier, Edgar Lungu, est issu des rangs du parti au pouvoir depuis 2011. Son principal rival Hakainde Hichilema est un businessman charismatique recyclé en politique.

Tout sépare les deux hommes. Alors que Lungu est d’origine modeste et perçu comme une personnalité proche du peuple, Hichilema est un homme d’affaires richissime qui siège au conseil d’administration de nombreuses grandes sociétés zambiennes. Il possède des propriétés à Lusaka, mais aussi en Afrique du Sud et en Angleterre. Economiste de formation, « HH » comme les Zambiens le surnomment est un « self-made man » qui a bâti son empire à la force du poignet, en démarrant dans l’immobilier. Mordu du politique, l’homme, 52 ans, s’est retiré du monde des affaires pour se porter candidat trois fois déjà à la magistrature suprême, mais a jusqu’à présent échoué, terminant à chaque fois en troisième position. Mais des 11 candidats, c’est lui qui est perçu comme le plus capable à gérer les problèmes économiques auxquels la Zambie est confrontée : la montée du coût de la vie, le chômage et la fuite des investisseurs face au triplement récent des redevances minières.

Abondamment doté en ressources naturelles, la Zambie est le 7e producteur mondial du minerai du cuivre dont la vente représente 70 % de ses recettes à l'exportation. Or bien que l’économie zambienne ait crû au rythme de 7 % au cours des cinq dernières années, plus de 60 % de la population vit encore sous le seuil de la pauvreté, selon une étude de la Banque mondiale. Le chômage reste élevé, notamment parmi les jeunes. Plus de la moitié des 14 millions de Zambiens ont moins de 18 ans.

Le Front patriotique (FP) qui est au pouvoir à Lusaka depuis 2011 a été accusé par l’opposition d’avoir mal géré le pays. La formation a été par ailleurs secouée par une lutte interne particulièrement rude pour la succession de Sata. Edgar Lungu, 58 ans, est le ministre de la Justice et de la Défense dans l’actuel gouvernement. Il était proche de Michael Sata qui lui avait confié le soin de gérer les affaires courantes pendant son hospitalisation à Londres.

Sa faiblesse est son manque de charisme et de n’avoir jamais été sur le devant de la scène politique. Il s’est révélé aussi très conservateur sur les questions de société. Mais fin stratège, l’homme a su rallier à lui le chef du principal parti de l’opposition, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) qui n’est autre que l’ancien président de la Zambie Rupiah Banda, tout en promettant à ses électeurs la poursuite de l’action du défunt président Michael Sata. L’homme a par ailleurs annoncé son intention de former un gouvernement de large union, incluant ses adversaires.

Les stratégies ne suffiront peut-être pas pour gagner les élections dont les résultats s’annoncent très serrés.

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