Un rappeur sous les verrous en Mauritanie

Adi, un album du groupe de rap mauritanien Awlad Leblad.
© ©Awlad Eblad

Hamada, du groupe Awlad Leblad, arrêté il y a une semaine a été mis lundi sous mandat de dépôt à la prison civile de Nouakchott. Le jeune homme a été inculpé pour consommation et détention de stupéfiants mais aussi pour attentat aux moeurs islamiques. Ses amis assurent avoir reçu plusieurs fois des menaces du pouvoir, qui n'aurait pas apprécié certains morceaux du groupe trop critiques. Ses proches dénoncent aujourd'hui un montage alors que pour les autorités, il s'agit simplement d'une affaire de droit commun.

La première décision avait été de laisser le jeune rappeur en liberté sous contrôle judiciaire après sa garde à vue. Mais le parquet mauritanien a interjeté appel et a eu finalement gain de cause. Hamada du groupe Awlad Leblad dort donc depuis lundi à la prison civile de Nouakchott en attendant la fin de l'instruction. Le jeune homme est poursuivi pour attentat à la pudeur et aux bonnes moeurs islamiques, détention et consommation de stupéfiants.

De source judiciaire, tout a commencé par la plainte du père d'une jeune fille qui se serait retrouvée, dans une chambre, avec le jeune homme qui n'était pas son mari. La plainte a entraîné une perquisition, qui aurait conduit à la saisie de quelques grammes de haschich. Pour la justice il s'agit d'une banale affaire de droit commun mais pour ule groupe de rap, l'affaire est politique.

Dans une émission télévisée, un ami de Hamada assure qu'il paie le prix fort de son engagement contre le pouvoir et que le groupe avait été menacé plusieurs fois de représailles. Alors a-t-on voulu faire taire un jeune artiste trop insolent comme le disent ses proches sous prétexte de saisie de drogue ?

A Nouakchott certains rappeurs assurent que ce groupe n'est pas le plus virulent sur la scène musicale locale, et qu'il n'est pas le plus constant non plus dans sa critique envers le président. Reste qu'un des derniers morceaux du groupe intitulé « Dégage » s'adresse clairement au chef de l'Etat Mohamed Ould Abdelaziz.