Nouvelles manifestations à Kinshasa: situation très volatile en RDC

Ce mercredi matin des heurts ont opposé des jeunes manifestants et la police sur le campus de l'université de la capitale, hier des barricades avaient été dressées dans les rues de Kinshasa.
© REUTERS/Jean Robert N'Kengo

Après les manifestations de ce début de semaine, qui ont parfois dégénéré en affrontements entre des groupes de jeunes notamment et la police, ce mercredi matin, la situation était de nouveau volatile notamment aux alentours des universités à Kinshasa et à Goma.

Tôt ce matin, dès 7h, les troubles ont repris sur le campus de l'université de Kinshsa, l'un des points chauds de la capitale depuis lundi. Une partie des étudiants ont voulu manifester contre l'adoption du projet de loi électorale, d'autres se disent en colère parce que des policiers et des éléments de la garde présidentielle sont allés jusqu'au dortoir tôt ce matin pour empêcher les étudiants de circuler et les menacer, selon eux.

Pendant quelques heures, les routes d'accès au campus ont été barricadées par les étudiants pour empêcher la police d'accéder au campus et des affrontements ont eu lieu. Selon plusieurs témoignages, la police a jeté des gaz lacrymogènes jusque dans les dortoirs des étudiants, et tiré en l'air pour disperser les manifestants qui se sont pour le moment calmés.

Autre point de tension vers l'aéroport, dans le quartier de Ndjili, où des groupes de manifestants et des éléments de la police et de la garde républicaine ont joué au chat et à la souris dans la matinée. Il y a également eu des tirs de gaz lacrymogène. Un calme précaire est revenu et un important dispositif policier est déployé.

Du côté des autorités, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende Omalanga nie le caractère politique de ces manifestations et condamne la violence à laquelle les étudiants ont recours, notamment la destruction de bâtiments publics. Il assure que ces actes seront sévèrement punis par la justice.

Agitation dans d'autres villes aussi

Depuis lundi, 342 jeunes ont été arrêtés selon lui pour vandalisme ou pillage. Dans le reste de la ville, la situation semblait un peu plus calme en fin de matinée mais toujours très volatile avec un très vaste déploiement de la police mais aussi de militaires.

Le gouverneur de la capitale s'est adressé à la mi-journée aux Kinois pour rassurer la population et inviter les habitants à vaquer à leurs occupations habituelles. La plupart des écoles sont cependant toujours fermées tout comme de nombreux magasins.

A Goma, Bukavu et Bandaka dans l'Ouest plusieurs sources ont signalé des mouvements de protestation aussitôt circonscrits. Des manifestations organisées comme à Kinshasa apr des étudiants qui demandent le rejet de la loi électorale et des élections en 2016.

Le blackout sur Internet et les SMS se poursuit, même si le porte-parole du gouvernement a assuré que l'accès à Internet serait rétabli dans la journée. Les opérateurs économiques commencent à s'inquiéter : depuis hier la douane et les banques ne peuvent fonctionner normalement faute de réseau.