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RDC

Répression en RDC: l'inquiétude de la communauté internationale

Lors des manifestations contre le pouvoir de Joseph Kabila, la police a procédé à des arrestations le 19 janvier 2015 à Kinshasa.
© AFP/Papy Mulongo

La communauté internationale, Nations unies, Monusco et Union européenne, manifestent leur inquiétude après la répression des manifestations d'opposants à la réforme de la loi électorale. Depuis le début de la semaine des affrontements opposent notamment des jeunes à Kinshasa et dans plusieurs villes de province aux forces de sécurité -police et garde présidentielle- et le bilan humain de la répression est confus.

Le numéro deux de la MonuscoAbdallah Wafy, lance un appel solennel aux acteurs en présence pour que le calme revienne. « Nous lançons un vibrant appel. A tous les acteurs politiques pour s’abstenir de tout acte de violence, de pillage et pour préserver la paix si chèrement acquise en République démocratique du Congo. A l’opposition politique, nous demandons de poursuivre le combat politique par des moyens pacifiques et de se démarquer de tout acte de violence et d’inscrire résolument leur démarche dans le respect strict des lois. Aux autorités politiques, de veiller à préserver l’espace politique pour l’expression plurielle des opinions y compris le droit de manifester, de s’opposer et de communiquer qui sont des libertés et droits fondamentaux, reconnus et garantis par la constitution de la République... Nous encourageons l’ensemble des forces sociales, la société civile, ainsi que les leaders religieux à s’investir dans la recherche de voies et moyens pour amener le calme et la sérénité ».

C'est la police nationale qui doit assurer l'ordre

Le responsable de la Monusco s'adresse aussi aux forces de sécurité pour qu'elles ne fassent usage de la force « qu’en dernier recours et dans les formes prescrites par la loi » et demande que les manifestations soient gérées par la police et non pas par la Garde républicaine. « L’appel que nous lançons c’est essentiellement en direction de la police nationale congolaise qui, de par la loi congolaise, est seule habilitée, formée, équipée pour maintenir l’ordre, pas la Garde républicaine qui n’a pas de compétences pour le faire, pas les forces armées, ce n’est ni la vocation, ni la formation, ni l’équipement. Il est donc extrêmement important que nous nous inscrivions tous dans cette vision et pour éviter justement ces pertes en vies humaines. Si cela devrait persister, il est à craindre qu’il y ait de plus en plus de pertes en vie humaine, ce que nous déplorons déjà. On ne maintient pas l’ordre avec des forces armées, on ne maintient pas l’ordre avec des chars de combat. On maintient l’ordre avec des moyens classiques, ce sont les standards internationaux y compris en République démocratique du Congo ».

L'UE appelle au respect des échéances électorales

Autre réaction, celle de la diplomatie européenne, hier mercredi, qui appelle au « retour au calme » et au « respect des échéances électorales » en RDC.  « On suit de très prêt la situation en République démocratique du Congo et c’est vrai que les tensions qui ont été liées à l’examen du projet de révision de la loi électorale, constituent à nos yeux un risque pour la stabilisation du pays, explique Catherine Ray, porte-parole de la diplomatie européenne. On a également été extrêmement inquiet de voir les violentes manifestations qui ont eu lieu à Kinshasa, première ville du pays, le fait qu’il y ait eu des victimes, sont des choses qui nous préoccupent fortement et encore une fois, on craint que cela déstabilise un pays qui a besoin, au contraire, de se stabiliser. On appelle maintenant tous les partis politiques, toutes les forces politiques à discuter ensemble, à trouver un consensus pour que le calme revienne. On attend notamment la publication d’un calendrier complet qui inclurait les élections législatives et présidentielles dans le cadre constitutionnel ».

Les élections doivent se tenir telles que prévues par la Constitution. « On estime qu’en effet on doit avoir bientôt connaissance du calendrier de ces prochaines élections législatives et présidentielles dans le cadre constitutionnel actuel ».

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