Burkina Faso: le président Kafando tranche dans le dossier Sankara

La tombe de Thomas Sankara au cimetière de Dagnoen de Ouagadougou, 22 novembre.
© RFI/Guillaume Thibault

Pour la première fois, le président de la transition a rencontré les responsables de la presse pour échanger sur la marche du processus, ce jeudi 22 janvier. Au cours de ces échanges, le président a coupé court au débat sur l’expertise de la supposée tombe du président Thomas Sankara. Une annonce faite lors d'une rencontre avec la presse, au cours de laquelle il a annoncé la date des prochaines élections, le 18 ocobre prochain.

« Je crois qu’il y a un problème de compréhension ! » : c’est par cette remarque que le président de la transition Michel Kafando a répondu à l’interpellation de la famille Sankara. Les avocats de la famille avaient en effet demandé la réouverture du dossier et le début de la procédure d’expertise de la tombe dans une lettre ouverte adressée au ministre burkinabè de la Justice.

Selon Michel Kafando, la famille du président Thomas Sankara n’a besoin d’aucune autorisation écrite pour entamer les travaux d’expertise de la supposée tombe du capitaine Thomas Sankara. Pour Michel Kafando, il est inadmissible qu’un gouvernement empêche par la voie judiciaire une famille de procéder à l’identification d’un corps.

« Allez-y et faites vos investigations »

« Nous avons dit à la famille : plus de justice, allez-y et faites vos investigations », a-t-il poursuivi. Le président de la transition précise que le gouvernement ne peut qu’accompagner la famille dans ses travaux d’investigation. Mais « à l’évidence, la famille a des problèmes à faire ces investigations. Il ne faut pas trop vous attendre à ce que ce soit la transition qui commence les excavations ! Ce que nous faisons c’est d’aider à identifier le corps » .

Quant au fond du dossier, Michel Kafando rappelle que « le cas Sankara est dans déjà dans le contentieux judiciaire. « L’Etat ayant été attaqué en justice par la famille, il faut que la procédure suive son cours » souhaite-t-il. Le président burkinabè promet tout de même de rencontrer l’avocat de la famille pour dissiper les incompréhensions sur ce dossier.

Elections le 11 octobre 2015

Au cours de cette première rencontre entre les patrons de presse et le président, Michel Kafando a par ailleurs annoncé la tenue des élections présidentielles et législatives simultanément pour le 11 octobre 2015. « Nous mettons un point d’honneur à réussir ces élections » car elles constituent « l’objectif final de la transition », a assuré M. Kafando ajoutant que son équipe remettra officiellement le pouvoir à ceux qui seront élus « en novembre 2015 ».

Le président burkinabè a définitivement exclu le vote des burkinabè vivant hors du Burkina pour des raisons « évidentes » d’organisation pratique.